Michael Rousseau se trouve actuellement en plein cœur d'une controverse après la diffusion d'une vidéo où il ne s'exprime qu'en anglais. Dans le contexte canadien, le choix de la langue prend une ampleur significative, surtout lors de communications officielles. C'est une leçon que Rousseau semble avoir apprise à ses dépens.
« Est-il vrai que le patron d'Air Canada a perdu son poste à cause de sa mauvaise maîtrise du français ? », s'interroge une élève de 4e au collège André-Derain, à Chambourcy. Pourtant, il n'a ni été licencié, ni démissionné. En mars dernier, la compagnie aérienne a révélé que Rousseau, aujourd'hui âgé de 68 ans, prendra sa retraite en septembre prochain, ce qui clôt certes un chapitre lié à sa maîtrise du français, mais ne signifie pas un départ forcé.
Le 23 mars, peu avant cette annonce, une vidéo de Rousseau présentant des condoléances suite à un tragique accident survenu à New York, où deux pilotes ont perdu la vie, a été publiée sur les réseaux sociaux d'Air Canada. Dans ce discours de près de quatre minutes, le PDG n'a prononcé que deux mots en français : "Bonjour" et "Merci", le reste étant intégralement en anglais et sous-titré en français.
Ce choix a suscité de vives réactions à travers le pays. Des experts en communication, comme le professeur Jean Dupont de l’Université de Montréal, soulignent que dans un Canada bilingue, les dirigeants d’entreprise doivent être conscients de l'importance de la langue dans leurs messages. « Ignorer cette réalité peut nuire à l'image de la marque et créer des tensions », rappelle-t-il.
La controverse a également été alimentée par des commentaires sur les réseaux sociaux, beaucoup de Canadiens affirmant qu'une meilleure maîtrise du français est essentielle pour le PDG d'une entreprise nationale. En revanche, certains défenseurs de Rousseau soulignent que ses compétences managériales devraient primer sur des critères linguistiques. Selon Radio-Canada, les discussions autour de cette affaire reflètent un débat plus large sur le multiculturalisme et le bilinguisme au Canada.
Alors que le départ de Rousseau se profile, il convient de se demander si cette polémiquesur la langue sera un tournant dans la communication d'Air Canada et une nouvelle norme pour les dirigeants d'entreprises dans le pays.







