Dans la nuit de vendredi à samedi, l'ESJ Paris, prestigieuse école de journalisme située dans le XVe arrondissement, a été la cible d'un acte de vandalisme orchestré par des activistes. Ces derniers ont jeté de la peinture sur la façade de l'établissement, ajoutant des messages critiques envers Vincent Bolloré, l'un de ses actionnaires majeurs.
Fondée en 1899, l'école a connu un changement de direction en novembre 2024, avec l'entrée de nouveaux investisseurs, dont Rodolphe Saadé (CMA-CGM) et Bernard Arnault (LVMH). Ce contexte a suscité des tensions, notamment autour de Bolloré, un entrepreneur breton impliqué dans diverses controverses.
Les manifestants ont laissé des autocollants déclarant « No borders, no barriers, no Bolloré », et des inscriptions telles que « école raciste » et « propagande » ont été peintes sur le trottoir et la façade. La grille a été sécurisée avec des chaînes et des cadenas, bloquant ainsi l'accès à l'établissement. Étonnamment, aucune alerte n'a été donnée dans le voisinage, laissant croire que l'opération avait été minutieusement orchestrée.
La journée portes ouvertes, prévue pour le samedi 11 avril, a été annulée en raison de cet incident. Un responsable de l'école a exprimé son indignation : « C'est un scandale d'attaquer un lieu d'enseignement, qui devrait être un sanctuaire, quelles que soient les opinions. Nous ne faisons que former des journalistes, sans influencer nos étudiants. Bien sûr, les désaccords sur l'actionnariat existent, mais cela ne devrait jamais donner lieu à de telles provocations », a déclaré Emmanuel Ostian, le directeur général de l'ESJ.
À la suite de ces événements, l'établissement a déposé plainte au commissariat du XVe arrondissement. La mairie a confirmé qu'aucun incident n'avait été signalé autour de l'école depuis son déménagement en septembre dernier. Cet acte de vandalisme a relancé le débat sur la liberté d'expression et la légitimité des actions militantes dans les espaces éducatifs. Les experts s'interrogent : jusqu'où peut-on aller pour exprimer son désaccord ?







