Après cinq mois de travaux « indispensables », les Catacombes de Paris, véritable trésor culturel, seront à nouveau accessibles dès le 8 avril 2026. Avec une nouvelle scénographie, le musée souhaite séduire un public diversifié.
« Arrête ! C’est ici l’empire de la mort ! » : cette phrase emblématique résonne à l'entrée de l'ossuaire où reposent les restes de millions de Parisiens. Situées à 20 mètres sous la surface, les Catacombes touchent à la fin de leur rénovation, comme le rapportent nos confrères de Catacombes Paris. À l’issue des travaux, les visiteurs pourront découvrir un environnement soigneusement mis en lumière avec des panneaux d’explication rénovés et un parcours repensé.
« Pour préserver ce site historique, il était nécessaire de moderniser les installations techniques, y compris la ventilation et l’éclairage, » déclare Isabelle Knafou, administratrice des Catacombes. Ce projet vise à assurer la conservation des ossements dans un environnement à forte humidité, atteignant parfois près de 90 %.
Un parcours revisité pour susciter l'intérêt
En novembre 2025, avant la fermeture, le musée attirait environ 600 000 visiteurs par an, dont une majorité d'étrangers. Avec la rénovation, l'objectif est de capter davantage de Parisiens, comme l'affirme Isabelle Knafou : « Je souhaite que les locaux se réapproprient cet héritage. »
Le parcours visitable se divisera en deux parties distinctes : une exploration des carrières d'où fut extraite la pierre calcaire nécessaire à la construction de la ville et une visite de l'ossuaire, hébergeant les restes de parisiens décédés entre le 10e et le 18e siècles, transférés à cet endroit dès 1780. Le musée est ouvert au public depuis 1809, témoignant ainsi d'une riche histoire commune.
« Nous accueillons toutes les couches de la société : des riches aux pauvres, les anonymes comme les figures historiques, » note Knafou. Elle insiste sur l'importance de préserver « l'intimité » avec les défunts sans barrières, soulignant que la mort est un facteur unificateur.
Une attention particulière à la préservation
Les visiteurs sont appelés à « ne rien toucher » ni à fumer dans l'espace, une mesure renforcée par le respect des graffitis, partie intégrante de l'identité du lieu. Sous la conduite de Florent Bastaroli, maçon du patrimoine, des murs d’ossements en rénovation témoignent du savoir-faire traditionnel tout en respectant l'intégrité historique du site. Camille Guérémy, gérante d'Artemis Architectes, souligne que l'évacuation des gravats, à 20 mètres sous terre, a représenté un défi technique majeur.







