À l'occasion de son procès pour fraude fiscale à Paris, l'actrice Isabelle Adjani a exprimé sa vive appréhension envers les questions administratives, affirmant : « J’ai la phobie des papiers ». Au sein de la cour d'appel, l’artiste de 70 ans s'est défendue, se présentant non pas comme une criminelle, mais comme une cible innocente de manigances. Cette posture rappelle celle de l'ancien ministre Thomas Thévenoud, connu pour sa propre « phobie administrative ».
Adjani, condamnée en 2013 pour avoir dissimulé une donation et pour un faux domicile fiscal au Portugal, a récemment été jugée pour des manquements similaires. Dans sa déclaration, elle a affirmé n'avoir jamais rempli de déclaration fiscale, tout en se qualifiant de « victime d'escroqueries » successives.
Elle a également dénoncé des conseillers fiscaux qu'elle estime l'avoir mal conseillée. L’un d’eux est son ancien partenaire, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle accuse d'avoir profité de son ignorance. « J'ai toujours fait confiance à ceux qui géraient mes affaires», a-t-elle précisé, tout en refusant de porter la responsabilité de ses problèmes fiscaux. Les avocats de la justice, de leur côté, soulignent son manque d'implication dans des affaires qui exigent une attention particulière.
Malgré sa résidence au Portugal, Me Ralph Boussier, avocat de la Direction générale des finances publiques, a déclaré qu'« il est évident qu’elle ne peut pas justifier de sa résidence fiscale ». L’actrice a été confrontée à des accusations de manipulation fiscale, notamment en ce qui concerne un prêt de deux millions d'euros d'un homme d'affaires, Mamadou Diagna Ndiaye. Adjani a fermement nié avoir cherché à masquer une donation.
« Je suis prête à rembourser chaque centime », a-t-elle réaffirmé. En réponse aux questions sur son conseiller fiscal, elle a mentionné qu’elle n’avait pas su évaluer ses compétences. « Vous jouez de malchance », a dit l'avocat général, et elle a acquiescé : « Je ne vous le fais pas dire ».
Avec des arguments de défense focalisés sur sa bonne foi, l’audience se poursuit, ouvrant la voie à des plaidoiries qui pourraient influencer le verdict final de ce procès qui tient en haleine le public français.







