Un détenu de la prison de Nanterre (Hauts-de-Seine) a récemment tiré la sonnette d'alarme concernant les conditions de détention dans cet établissement surpeuplé, où le taux d'occupation atteint 213%. Malgré des efforts notables signalés par les autorités, beaucoup considèrent que ces mesures relèvent davantage d'une « politique publique » que de véritables solutions.
Il y a trois semaines, un autre détenu a été sanctionné pour avoir refusé l'arrivée d'un cinquième co-détenu dans sa cellule. Aujourd'hui, c'est un autre prisonnier, incarcéré depuis juillet 2023, qui s'exprime, via son avocat Me Fabien Arakelian, en attaquant l'État en justice. Ce dernier demande des mesures d'urgence pour remédier aux « conditions alarmantes » régnant dans cette maison d'arrêt. Selon son témoignage, 220 détenus dorment sur des matelas au sol, tandis que les douches sont dans un état déplorable, parsemées de cafards. Les cellules sont jugées « vétustes et insalubres », manquant de mobilier adéquat et de séparation correcte des sanitaires, tandis que le système électrique et le système d'aération sont qualifiés de « défectueux ». Ce tableau noir illustre des conditions jugées non conformes à la dignité humaine.
« Circulez, y’a rien à voir »
Malgré la gravité des accusations, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la réclamation. Selon ses juges, aucune des mesures d'urgence demandées ne pouvait être acceptée, car elles ne respectent pas les critères d'une atteinte immédiate à une liberté fondamentale, d'une part, et relèvent de mesures structurelles d'autre part.
En juin 2023, la même juridiction avait pourtant ordonné au ministère de la Justice d'effectuer des travaux « sans délai » pour améliorer les infrastructures critiques. Sept mois plus tôt, des mesures d'urgence avaient également été exigées pour corriger des problèmes graves, comme des installations électriques défectueuses.
Cependant, peu d'avancées notables ont été constatées, malgré les efforts soulignés par le barreau local concernant certains audits et plans d'action initiés. Les canalisations de douches ont certes été remplacées, et un processus de signalement a été instauré, mais cela reste insuffisant aux yeux des défenseurs des droits des détenus.
« Circulez, y’a rien à voir », a dénoncé Me Arakelian, visiblement frustré par la situation. L'avocat rappelle que les mandats de dépôt n'épousent pas des conditions de détention indignes. Il a promis de redoubler d'efforts pour saisir à nouveau le tribunal administratif au nom de ses clients. « C’est peut-être le moment de reconsidérer le mécanisme de régulation carcérale », a ajouté le pénaliste, soulignant l'urgence de mettre en place des réformes profondes dans le système pénitentiaire français.







