Le 8 mars prochain, une cérémonie marquera le cinquantième anniversaire de la tragique fusillade de Montredon-des-Corbières. Pour la première fois, vignerons et représentants des CRS se rassembleront pour commémorer ce douloureux épisode de l'histoire. Au cœur de cet événement, le travail d'Alain Crosnier, un ancien CRS de 75 ans, demeure méconnu, bien qu'il ait mené des recherches approfondies sur le sujet en attendant toujours d'être publié.
Mars 1976, Montredon-des-Corbières devient le théâtre d'une manifestation de viticulteurs qui dégénère violemment. Les forces de l'ordre réagissent, entraînant une tragédie avec deux pertes humaines : Émile Pouytès, un vigneron âgé de 50 ans, et le commandant Joël Le Goff, âgé de 42 ans. Pour Alain Crosnier, cette fusillade représente bien plus qu'un simple incident. "Le traumatisme était immense," affirmait-il, en évoquant l'ombre que cet événement a projetée sur les familles et les forces de l'ordre impliquées.
Pour comprendre les racines de cette violence, Crosnier s'est plongé dans les archives et a rencontré des témoins et des responsables de l'époque. "Je me suis rendu souvent sur le terrain, auprès des viticulteurs et des forces de police, pour collecter leurs récits et tenter de voir au-delà des versions officielles," a-t-il expliqué. Son ouvrage, "L’embuscade de Montredon-des-Corbières, révélations sur une affaire d'État", retrace ces investigations minutieuses. Malheureusement, ce travail peine à trouver un éditeur, en raison de la sensibilité persistante autour de ce sujet.
"Les retours des éditeurs sont souvent négatifs," admit Crosnier. "Le sujet reste délicat et certains ont même émis des menaces voilées de vigilance quant à mes écrits." Néanmoins, il reste déterminé à publier son livre, insistant sur le fait que son travail n'est ni tendancieux ni polémique, mais simplement une recherche de la vérité.
Dimanche, la cérémonie sera l'occasion pour lui de dévoiler une partie de son enquête à travers une exposition au pôle culturel de Montredon. Cette initiative est également un moyen de rétablir des liens, car même des années après, le besoin de compréhension et de paix demeure palpable. "C'est une façon de faire table rase et de reconnaître qu'anciennes blessures peuvent guérir," a-t-il conclu, reflétant l'esprit de réconciliation qui anime cette commémoration.







