Le transport maritime est en pleine tempête, alors que les tensions continuent d'escalader au Moyen-Orient. Selon des données rapportées par Reuters, les tarifs de location des superpétroliers (VLCC) à destination de la Chine ont atteint un niveau jamais vu, frôlant les 423.436 dollars par jour ce lundi. Cette augmentation est presque deux fois plus élevée que les tarifs avant le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Un responsable du secteur chez Argus Media a expliqué à CNBC que "les affréteurs ont largement restreint leurs opérations", décidant de ne pas affréter de navires en raison de la montée des incidents de sécurité dans le détroit d’Ormuz. Bien que la voie maritime ne soit pas officiellement fermée, le péril dans la région empêche de nombreux navires de naviguer. En conséquence, des augmentations de prix sont observées dans d’autres régions également, selon Reuters.
Le détroit d'Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial où transite près de 20 % du pétrole consommé sur la planète, reste ouvert. Toutefois, le trafic maritime est paralysé depuis le week-end dernier, de nombreux navires stationnant le long des côtes, attendant un retour à la sécurité optimale.
Des sources comme Lloyd's List évoquent que l'intimidation par des attaques revendiquées par l'Iran a mené les compagnies d'assurance à recommander l'évitement de cette zone. Par conséquent, le plus grand armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a préven une mise à l'abri de son personnel navigant dans le Golfe, une décision qu'a également suivie CMA CGM, un concurrent français, avec près de 50 à 55 navires sous pavillon français coincés actuellement.
Détour par le cap de Bonne-Espérance
Le conflit a par ailleurs provoqué une renégociation des clauses de couverture d'assurance contre les risques de guerre, avec de nombreuses compagnies refusant désormais de couvrir le Golfe. Certaines routes commerciales prennent un long détour par le cap de Bonne-Espérance, contournant ainsi le canal de Suez, causant des délais supplémentaires de dix jours et un surcoût de 30 % pour le transporteur. Cette situation ne semble pas s'améliorer dans l'immédiat, renforçant les inquiétudes de crise énergétique mondiale.







