Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a récemment exprimé son émotion face au suicide de Camélia, une lycéenne de Mitry-Mory (Seine-et-Marne), victime de harcèlement. Lors d'une intervention sur franceinfo, Geffray a affirmé que ce tragique événement révélait un « phénomène massif et pernicieux » et qu’il était de notre responsabilité à tous de protéger nos enfants.
La question se pose : la responsabilité de l'Éducation nationale est-elle engagée dans cette tragédie ? Dans un contexte où l’enquête est toujours en cours, le ministre a appelé à « la plus grande prudence ». La famille de Camélia a d'ores et déjà pointé du doigt le proviseur, l'accusant d'avoir minimisé les souffrances de la jeune fille lors d'une entrevue, la désignant comme partiellement responsable de son mal-être. Son oncle a rapporté qu’après cette rencontre, Camélia avait écrit : « Il m'a dit que je me victimisais », un témoignage qui a choqué.
« On ne peut pas tout attendre de l'école »
Geffray a mentionné qu'il attendait les conclusions de l'enquête avant de décider des mesures à prendre, mais a assuré que « sa main ne faiblira pas » si des actions doivent être menées contre les responsables. Selon lui, le défi du harcèlement scolaire concerne l’ensemble de la société : « C’est un enjeu de maturité collective ». Il a rappelé que l’école ne peut pas endosser seule ce fardeau et qu’une mobilisation générale est nécessaire.
« Par pitié, ne vous taisez pas »
Le ministre a également évoqué des propositions telles que la restriction de l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, qui devrait être discutée par le Parlement. Il a encouragé les parents à renforcer leur surveillance sur l’utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants, soulignant : « Je pense que c’est possible mais aussi nécessaire ».
Édouard Geffray a également exhorté victimes et témoins de harcèlement à s'exprimer, en lançant un appel poignant : « Par pitié, ne vous taisez pas. Appelez le 3018 ». Ce numéro est un service national conçu pour signaler le harcèlement scolaire, et il garantit un soutien gratuit et anonyme accessible tous les jours de la semaine.







