La justice française se retrouve aujourd'hui face à l’assassinat tragique de Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie. Tué en octobre 2020 par un islamiste tchétchène, l'affaire revient à la Cour d'assises à partir de ce lundi 26 janvier. Ce procès, qui se prolongera jusqu'au 27 février, redistribue les cartes pour plusieurs accusés qui contestent leur condamnation précédente.
En première instance, sept hommes et une femme avaient été reconnus coupables, avec des peines allant de 1 à 16 ans de prison. Parmi eux, quatre individus ont décidé de faire appel : Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, amis de l'assaillant, condamnés à 16 ans ; Brahim Chnina, à 13 ans ; et le prêcheur islamiste Abdelhakim Sefrioui, condamné à 15 ans pour association de malfaiteurs terroristes.
Qui sont exactement les accusés rejugés ?
Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, inculpés pour leur complicité directe, ont été pointés du doigt pour leur connaissance des dangers entourant Anzorov. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, quant à eux, se défendent de toute implication directe dans le meurtre, évoquant leur ignorance à l'égard des intentions criminelles de l'assaillant. Selon le jugement de première instance, il a été établi que ces deux derniers prenaient un risque avisé en contactant Anzorov, même sous menace explicite, ce qui renforce la décision initiale de leur culpabilité.
Que prévoir pour ce nouveau procès ?
Les magistrats vont devoir analyser les preuves avec une attention particulière. Les avocats de Chnina, notamment, plaident pour une réévaluation de son rôle, arguant qu'il n’a jamais été impliqué dans une entreprise terroriste. D'un autre côté, les avocats des complices d'Anzorov estiment qu'ils ont agi en toute connaissance de cause et qu’ils ont aidé leur ami dans ses projets sinistres.
Demandes surprenantes de certains avocats
En marge du procès, certaines voix s’élèvent pour demander l’audition d’anciens ministres, dont Éric Dupond-Moretti et Laurent Núñez, appelés à témoigner sur les manquements ayant conduit à ce meurtre odieux. Ces demandes ajoutent une couche de complexité aux débats, touchant à des enjeux de sécurité nationale.
Quelles attentes pour la famille de Samuel Paty ?
Les proches de Samuel Paty, en quête de justice, espèrent que le jugement sera conforté sur les faits et les peines appliquées lors de la première instance. Me Virginie Le Roy, avocate de la famille, exige que chaque aspect du déroulement pré-incident soit minutieusement examiné et jugé.
Durée du procès : un marathon judiciaire
Les débats se dérouleront sur plusieurs semaines, se prolongeant jusqu'au 27 février 2026, dans une atmosphère chargée d'émotion et de tension. Ce procès est une nouvelle occasion pour la société française de réfléchir aux conséquences de l'extrémisme et à la protection de la liberté d'expression.







