Des organisations non gouvernementales tirent la sonnette d'alarme concernant la plateforme Meta, qu'elles qualifient d'hôte du plus grand marché mondial pour la vente illégale d'animaux protégés. Cette situation est exacerbée par les algorithmes et les mécanismes de monétisation qui encouragent de tels comportements.
Un récent rapport de la Fondation Freeland, Education for Nature Vietnam, et de l'International Wildlife Trust a révélé des cas troublants, comme un pangolin, un mammifère extrêmement menacé, mis en vente sur Facebook, dépouillé de ses écailles et vendu comme une « délicieuse viande sauvage ». Cette annonce ne représente qu'un échantillon des milliers d'autres détectées sur la plateforme.
D’après une étude menée par l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (GI-TOC), plus de 20 000 publications contenant plus de 260 000 produits issus du braconnage ont été repérées entre 2024 et 2026. Près de 75 % de ces annonces étaient visibles sur Facebook. Russell Gray, scientifique des données et co-auteur du rapport GI-TOC, a souligné que bon nombre d'entre elles restaient actives même après avoir été signalées : « Des comptes et groupes que nous avons identifiés comme problématiques continuent de prospérer. »
Pour Tom Taylor, directeur des opérations de la Wildlife Friends Foundation en Thaïlande, la passivité de Meta face à cette situation est incompréhensible : « Les comptes qui violent clairement la loi devraient être supprimés, et des enquêtes doivent être menées. » Cette opinion est largement partagée au sein de la communauté internationale de la conservation.
Dans le même ordre d'idées, Daniel Stiles, co-auteur de l'étude, affirme que la promesse de monétisation incite certains utilisateurs à enfreindre la loi : « Plus un compte génère d'interactions, plus il peut toucher des revenus. » Meta, cependant, n'a pas fourni de réponse détaillée aux inquiétudes soulevées, se contentant de renvoyer vers ses règles relatives à la vente d'espèces menacées.
Au-delà de Facebook, d'autres réseaux sociaux comme TikTok et Snapchat voient aussi le trafic d'animaux se développer. Des chimpanzés à la corne de rhinocéros sont proposés à la vente, illustrant le large éventail d'espèces concernées. Les algorithmes de ces plateformes favorisent la diffusion de contenu similaire, créant ainsi un cercle vicieux qui alimente le problème.
Steve Galster, fondateur de Freeland, déplore que, malgré les engagements pris par Meta pour lutter contre le trafic en ligne, la situation ne cesse de se détériorer. « Tant que la plateforme ne sera pas contrainte de nettoyer son environnement des activités illégales, le commerce d'animaux sauvages ne pourra qu'empirer. » Cette réalité doit être prise en compte pour préserver notre biodiversité, déjà mise à mal par la pêche, la déforestation et les changements climatiques.







