La notion d'incurabilité dans le cadre de la pédocriminalité est à remettre en question, selon de nombreux spécialistes. En effet, la pédocriminalité ne peut être assimilée à une maladie, et parler d'incurabilité manque de pertinence, comme l'indiquent plusieurs psychiatres. Néanmoins, un suivi socio-judiciaire associé à une injonction de soins peut considérablement réduire les risques de récidive.
Le tragique décès de Lyhanna met une fois de plus en lumière la question de la pédocriminalité et la prise en charge par la justice. Jérôme Barella, suspect principal, avait déjà quatre antécédents pour violences sexuelles sur mineures avant la disparition de Lyhanna, âgée de 11 ans à l'époque. Fait inquiétant, cet homme n’a jamais été auditionné dans le cadre de ces enquêtes.
Lors d'une émission sur BFMTV, Gérald Darmanin a déclaré que les pédocriminels ne peuvent être réinsérés, les qualifiant d'"incurables". Franceinfo se penche sur la véracité de ces affirmations.
Des experts comme Walter Albardier, psychiatre au Criavs d'Ile-de-France, contestent fermement cette notion : "Il n'existe pas de maladie associée à la pédocriminalité, donc la question de l'incurabilité ne s'applique pas ici". Laurent Layet, expert psychiatre auprès des tribunaux, confirme ce point : "La pédocriminalité est une action déviante et ne doit pas être confondue avec des troubles psychiatriques."
30 à 50% des agresseurs sont effectivement atteints d'un trouble pédophilique
Walter Albardier rappelle également que "la majorité des personnes attirées sexuellement par des enfants ne commettent pas d'agressions", ajoutant que "ceux qui passent à l'acte ne sont pas toujours motivés par une attirance pour les enfants". La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles (Ciivise) souligne dans son rapport de 2023 que "seulement 30 à 50% des agresseurs d'enfants présentent des troubles pédophiles reconnus".
En ce qui concerne les abus incestueux, la Ciivise évoque une réalité encore plus complexe : "la majorité de ces agresseurs ne sont pas pédophiles au sens médical du terme", ajoutant que ces violences sont souvent dictées par des dynamiques de pouvoir au sein des familles.







