La Nuit Blanche à Paris a pris une tournure inattendue ce samedi soir, lorsque des militants du groupe intégriste catholique Civitas ont provoqué des perturbations notables lors de l'ouverture d'une installation artistique. La mairie de Paris a immédiatement annoncé son intention de porter plainte, qualifiant cette intervention de tentative d'entrave à l'art et à la culture.
Six personnes ont été interpellées, dont deux soupçonnées de violences contre des élus. Les victimes incluent la maire du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, ainsi que le député écologiste Pouria Amirshahi. Ces derniers rapportent avoir été bousculés alors qu'ils tentaient d'accéder à l'œuvre intitulée Sous la peau du ciel, signée par l'artiste Marie-Luce Nadal. Selon le parquet, l'action a été menée par un collectif d'environ trente individus affiliés à Civitas, qui a également orchestré une prière de rue aux abords de l'église Saint-Laurent.
« J'ai été bousculée avec mon équipe. J'ai personnellement reçu des coups de la part de ces individus, qui voulaient nous empêcher d'entrer », a déclaré Cordebard sur les réseaux sociaux. Malgré cette agitation, l'œuvre a pu être présentée au public grâce à l'intervention des forces de l'ordre. La municipalité a assuré son engagement à « protéger le monde de la culture des fondamentalismes conservateurs et réactionnaires ».
Civitas, officiellement dissous par le gouvernement fin 2023, continue de faire parler d'elle. Le député Amirshahi a dénoncé une agression orchestrée par un « groupuscule d'extrême droite intégriste antisémite et homophobe ». Ce dernier a lancé un appel à ses partisans pour perturber la Nuit Blanche, une initiative qui a suscité de vives réactions au sein de la communauté artistique et politique française.
Des experts en sociologie politique, comme la professeure Sophie Dufresne de l'Université Paris-Sorbonne, soulignent que ces actes véhiculent une image inquiétante d'un regain de la violence idéologique. La directrice artistique de l'événement, Barbara Butch, a également été la cible de cyberharcèlement, en raison de sa visibilité croissante, exacerbée par sa participation aux JO de Paris en 2024.
La situation qui a suivi ces événements met en lumière le climat tendu actuel autour de la liberté d'expression artistique en France, alors que des voix s'élèvent pour défendre le droit à la création face aux menaces d'intolérance.







