Au terme d’une enquête approfondie, le tribunal judiciaire de Libourne a statué sur un réseau itinérant impliqué dans des escroqueries ciblant des victimes, surtout âgées, près des distributeurs de billets. Entre mai 2022 et avril 2023, les suspects ont parcouru la France en utilisant un modus operandi bien huilé, alliant ruse et manipulation.
Les faits relèvent d'une organisation méticuleuse. D'après les enquêteurs, l'affaire comporte sept tomes de procédures, des centaines d’heures d'écoutes, et a touché plus de 90 personnes à travers le pays. L’audience, qui s’est tenue le mardi 5 mai, a illustré un impressionnant “tour de France” des fraudes, des villes de Dijon à Saintes en passant par Bar-le-Duc et Saint-André-de-Cubzac.
« J’avais une grosse dette, je savais que les victimes allaient être remboursées, » a déclaré Rachid Boudjema, gestionnaire principal du réseau.
La vice-procureure a qualifié les actes du groupe de « violence psychologique », en notant que les victimes, souvent vulnérables, ont subi des impacts durables. Boudjema a notamment utilisé une méthode efficace : il abordait les personnes âgées près des distributeurs en leur présentant des billets qu’elles auraient prétendument oubliés. Ce stratagème instaurait une confiance immédiate, avant qu’il ne les incite à vérifier leur compte, manipulant ainsi l’accès à leurs cartes bancaires.
Un réseau bien organisé
Les enquêteurs ont mis en lumière une structure bien rodée, utilisant des hôtels payés en liquide et des identités fictives, permettant des déplacements fréquents à travers la France. Mohammed Benaouda, un autre membre du réseau, a également reconnu avoir sombré dans une spirale de dettes de jeu.
D’une manière générale, les prévenus ont tenté de minimiser leur implication, affirmant ne pas être au courant de la fraude. Cette défense a été contestée par les plaignants, qui demandent des relaxes.
Le tribunal a finalement tranché. Rachid Boudjema a été condamné à quatre ans de prison, dont vingt-cinq mois avec sursis probatoire, tandis que Mohammed Benaouda purgera une peine de trente-six mois dont dix-huit avec sursis. Les peines des deux complices féminins seront entièrement assorties de sursis. Cette décision marque une étape importante dans la lutte contre les escroqueries qui sévissent dans les zones sensibles autour des distributeurs, une préoccupation qui attire l'attention des médias et des experts en sécurité financière.







