Ce lundi 4 mai, la Cour d'appel de Versailles a entendu l'appel de Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), condamné initialement à trois ans de prison dont un an ferme pour des actes d'agression sexuelle. Le ministère public maintient cette même peine, illustrant l'ampleur des accusations qui pèsent sur lui.
Lors de cette audience, Boutonnat, autrefois figure emblématique du cinéma français, a réaffirmé son déni face aux faits qui lui sont reprochés, tout en déclarant avoir pris conscience de la "souffrance réelle" de son filleul. L'avocate générale a cependant mis en lumière son comportement de déni, ce qui complique sa défense.
Les événements d'août 2020
Les accusations portent sur des faits qui se seraient produits durant des vacances en Grèce en août 2020. À l'époque, le filleul de Boutonnat, âgé de 20 ans, l'accuse d'avoir tenté des gestes inappropriés après une baignade. Selon ses dires, il aurait reçu des attouchements non consentis dans un contexte où il se sentait particulièrement vulnérable.
Dans sa défense, Boutonnat admet avoir photographié son filleul nu, mais insiste sur le fait que les interactions étaient consensuelles, cherchant ainsi à minimiser la gravité des actes incriminés. Il a également fait état de ce qu'il décrit comme une "mécanique de mensonge" de la part du jeune homme, le présentant comme l'instigateur de la situation, bien que ce soit lui qui entre dans cet espace délicat.
Enregistrement controversé
Une pièce maîtresse du dossier est un enregistrement audio de Boutonnat, dans lequel il reconnaît certaines actions qu'il qualifie de "faute", même s'il insiste sur l'absence de connotation sexuelle. Cet enregistrement, aperçu comme un "cauchemar" par l'avocate de la partie civile, a été utilisé pour illustrer le caractère ambigu de la relation entre Boutonnat et son filleul.
Durant l'audience, des échanges entre les deux hommes ont été mis en lumière; des conversations qui, selon la défense, témoignent d'une amitié détendue, mais que l'accusation interprète comme une tentative de dissimuler des comportements inappropriés. La tension durant ces interactions soulève des questions quant à la notion de consentement et au pouvoir inhérent aux relations familiales.
La décision de la cour est attendue pour le 22 juin, laissant en suspend l'avenir de Boutonnat dans un contexte où le débat public autour des violences sexuelles continue de secouer la société française.







