Anne Thoumieux, cofondatrice du collectif "SOS Périscolaire", s'exprime sur le premier procès d'un animateur accusé d'agressions sexuelles à Paris. À l'occasion de l'ouverture de ce procès ce mardi 5 mai, elle souligne l'importance historique de ce moment et l'espoir qu'il suscite pour les futures victimes.
Flore Maréchal : Vous êtes l'invitée du "11/13" aujourd'hui, merci d'être présente. Nicolas G. risque 10 ans de prison et une amende de 150 000 euros. Ce procès donnera-t-il le ton pour l'avenir ?
Anne Thoumieux : Nous espérons qu'il marquera un tournant. Trop souvent, les plaintes sont classées sans suite, ce qui rend ce procès particulièrement significatif en tant que premier cas à Paris. Bien qu'il y ait eu d'autres affaires en province, cette situation pourrait inciter à davantage de reconnaissance de la parole des enfants, qui a longtemps été minimisée.
Ce qui est crucial dans cette affaire, c'est que ce sont des fillettes de 10 ans qui ont eu le courage de signaler des comportements inappropriés à la directrice de l'école. Cela souligne l'importance de la sensibilisation et de la prévention chez les jeunes, un signal fort de leur maturité et de leur volonté d'exprimer leurs craintes.
Cette affaire met en lumière des dysfonctionnements dans le secteur périscolaire que nous, chez "SOS Périscolaire", dénonçons depuis 2021. L'absence de contrôle sur l'animateur, qui se retrouvait seul avec des enfants et organisait des activités inappropriées comme un atelier manga, est symptomatique d'un système à revoir. Il est inacceptable qu'aucun adulte n'ait veillé sur la nature des dessins réalisés, qui désignaient des personnages sexualisés.
Il est également significatif que ces jeunes aient choisi de partager leur expérience avec leur directrice plutôt qu'avec leurs parents, ce qui témoigne de l'impact de l'éducation à la prévention. Ce cas illustre bien le besoin d'une collaboration renforcée entre l'Éducation nationale et les collectivités, comme le souligne l'accord récemment signé à Paris demandant aux fonctionnaires de signaler toute violence sur mineurs.
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