Lors de ce procès en appel, Sarkozy se retrouve de nouveau sur le devant de la scène judiciaire, après avoir été condamné pour l'affaire du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. À la barre, il a été interrogé sur la véracité des affirmations faites par Claude Guéant.
"Je ne suis pas l'interprète de M. Guéant. [...] Je ne dis pas qu'il ment, je dis que sa mémoire a évolué", a déclaré l'ancien président.
Dans deux missives adressées à la cour, Guéant a exprimé sa désapprobation par rapport à la version de Sarkozy, mais sans formuler d'accusations directement diffamatoires. Cela marque un net contraste avec l'unité apparente que les deux hommes avaient affichée lors du procès initial.
Un dîner à Tripoli en 2007
L'audience du jour a débuté par la lecture des courriers, tandis que Sarkozy feuilletait ses notes. Guéant évoque un dîner officiel du 25 juillet 2007 à Tripoli, juste après la libération des infirmières bulgares, où le leader libyen Mouammar Kadhafi aurait exprimé le désir de lever un mandat d'arrêt contre son beau-frère, Abdallah Senoussi.
Selon Guéant, Sarkozy l'aurait alerté sur la situation, ce que l'ex-président a catégoriquement démenti. "J'ai pris une décision claire : pas de grâce, pas d'amnistie", a-t-il affirmé.
Un échange sur Senoussi en 2005
Sarkozy a précisé qu'il n'avait pas discuté de ce sujet avec Kadhafi lors de la libération des infirmières bulgares ou de la visite officielle en décembre 2007. Pour lui, l'unique mention du sujet date de 2005, quand il était ministre de l'Intérieur.
Révélations contradictoires
L'ancien président a noté la confusion des déclarations de Guéant : "En 2018, il dit que Bechir Saleh lui en a parlé. Une autre fois, il en fait mention en disant que c'était peut-être Kadhafi. Enfin, il prétend que c'est moi qui lui en ai parlé. Cela démontre une incohérence sur une affaire vieille de 19 ans." Ces éléments pourraient constituer un tournant dans le déroulement du procès, selon des analystes juridiques.
En première instance, Sarkozy et Guéant avaient été condamnés à des peines de prison ferme en raison d'associations de malfaiteurs, accusés d'avoir reçu des financements illicites. Les deux hommes ont interjeté appel, niant toute forme de pacte de corruption.
La suite de ce procès pourrait apporter encore plus de révélations sur l'ancien régime libyen et ses relations avec la France, soulevant des interrogations sur la transparence et l'intégrité des transactions politiques.







