Le chauffeur impliqué dans l'accident mortel survenu le mardi 7 avril a été mis en examen pour "homicide routier", selon une annonce du parquet de Béthune. Ce sinistre a entraîné la mort du conducteur d'un TGV.
Agé de 30 ans et originaire de Pologne, le chauffeur du poids lourd, qui transportait un pont mobile militaire, a été placé sous contrôle judiciaire suite à sa garde à vue, comme le relate Le Monde. Selon le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, des "indices graves et concordants" ont motivé l'ouverture d'une information judiciaire.
En plus de l'homicide routier, qui peut entraîner une peine de sept ans d'emprisonnement, le routier fait face à des poursuites pour "blessures routières avec incapacité n'excédant pas trois mois" et "violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".
Un choc à 160 km/h
L'accident s'est produit à 6 h 47 à un passage à niveau situé sur l'axe Lens-Béthune, lorsqu'un TGV, assurant la liaison Dunkerque-Paris à 160 km/h, a percuté de plein fouet la remorque du poids lourd qui était engagé sur les voies.
Cette collision a été fatale au conducteur du train, un cheminot d'une cinquantaine d'années, tandis que seize passagers ont été blessés, bien que leur état ne soit pas jugé préoccupant, a précisé le magistrat. Le chauffeur du camion s'en est quant à lui sorti indemne, les tests d'alcoolémie et de stupéfiants s'étant révélés négatifs.
Le passage à niveau hors de cause
Les investigations se concentrent maintenant sur la raison pour laquelle le convoi exceptionnel se trouvait sur les rails au moment de l'arrivée du train. Le conducteur de la voiture qui ouvrait la marche du transport militaire a été entendu en tant que témoin. Jean Castex, le PDG de la SNCF, qui s'est rendu sur place peu après l'accident, a affirmé que le passage à niveau était "en état de fonctionnement normal", ce qui semble orienter l'enquête vers une erreur de franchissement ou une défaillance dans la préparation de l'itinéraire du convoi.
D'importants travaux de réhabilitation sont nécessaires suite à la violence de l'impact. D'après la SNCF, la circulation ferroviaire sur cette section pourrait ne pas reprendre avant le 18 avril, le temps d'évacuer les débris et de dégager la rame de TGV accidentée.







