Les assureurs sont sous pression, avec une forte augmentation des demandes d'assistance émanant de touristes coincés dans les pays du Golfe depuis le début du conflit le 28 février. Alors que les inquiétudes grandissent, ces compagnies peuvent principalement offrir des conseils, car elles excluent le risque de guerre de leurs couvertures d'assurance voyage.
Mondial Assistance, filiale d'Allianz Partners, a noté une hausse de 20 % des appels le lundi suivant le début des hostilités. Bien que la part directement impactée par la situation géopolitique soit difficile à estimer, le porte-parole a confirmé une douzaine de dossiers d'assistance médicale pour les ressortissants concernés, signalant que l'impact reste limité pour le moment.
« Les demandes d’assistance liée aux voyages ont triplé ce dimanche », indique un responsable de Mutuaide, soulignant le niveau d'inquiétude croissante parmi les voyageurs.
Axa Partners a aussi mentionné un afflux de demandes d'accompagnement pour les individus perturbés dans leurs déplacements. « Ces demandes sont majoritairement liées à l'évolution des conditions de transport », précise un porte-parole.
Les limites des assurances voyage
Le code des assurances stipule clairement que « l'assureur ne doit pas couvrir les pertes dues à la guerre, qu'elle soit étrangère ou civile », comme établi dans l'article L121-8. Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, explique qu'une telle exclusion vise à protéger le système d'assurance des risques systémiques.
« Les guerres et conflits armés sont systématiquement exclus des contrats d'assurance », confirme Esmein.
Seules des polices spécifiques, comme celles liées au fret maritime ou aux expatriés, abordent le risque de guerre.
Les rapatriements en cours
De nombreux pays d'Europe, y compris la France et l'Allemagne, ont commencé à organiser le rapatriement de leurs citoyens. Le premier vol français a atterri à Paris en provenance d'Oman dans la nuit de mardi à mercredi. Les États-Unis, de leur côté, ont vu environ 9 000 ressortissants quitter le Moyen-Orient avec des vols charters affrétés depuis les Émirats, l'Arabie saoudite et la Jordanie.
« Le rapatriement doit relever en priorité des dispositifs consulaires et publics », souligne Axa Partners.
Bien que 400 000 citoyens français soient présents dans la zone, beaucoup ne souhaitent pas nécessairement rentrer, selon la ministre chargée de la francophonie, Éléonore Caroit. Par ailleurs, des compagnies de croisières comme MSC organisent des rapatriements pour leurs passagers bloqués, avec plusieurs vols charters planifiés pour le week-end.La situation est critique, mais les autorités et assureurs travaillent pour minimiser l'impact sur les voyageurs.







