Les États-Unis et le Venezuela annoncent le rétablissement de leurs "relations diplomatiques" rompues en 2019, selon le département d'État américain. Cela survient alors que Doug Burgum, ministre de l'Intérieur des États-Unis, a effectué une visite de deux jours à Caracas, exprimant sa confiance dans le potentiel économique minier et pétrolier du pays, juste après l'arrestation de Nicolas Maduro.
Dans un communiqué, le département d'État a détaillé que les États-Unis et les autorités intérimaires du Venezuela ont convenu de restaurer des relations diplomatiques et consulaires. L'objectif est de "faciliter les efforts conjoints" pour relancer l'économie et favoriser la réconciliation nationale.
À l'issue de sa visite, Burgum a souligné la volonté vénézuélienne de garantir la sécurité des entreprises minières. Il se montre optimiste quant à une augmentation significative de la production pétrolière dans un contexte mondial de hausse des prix du brut en raison des conflits au Moyen-Orient.
"Je suis convaincu qu'un environnement favorable attirerait des investissements non seulement dans le secteur pétrolier, mais aussi vers l'intérieur du Venezuela, où sont concentrées d'importantes ressources", a-t-il déclaré à la presse.
Sous la pression américaine, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a engagé des révisions législatives sur les hydrocarbures, facilitant ainsi l'entrée du secteur privé. Elle a également annoncé une amnistie pour la libération des prisonniers politiques et des réformes judiciaires pour apaiser les tensions internes.
Le Venezuela, riche en ressources minières telles que l'or et le coltan, a ses activités concentrées dans l'Arc minier, une zone de 112.000 km2 marquée par des conflits et la présence de groupes armés. Les critiques se multiplient sur l'opacité entourant l'exploitation minière, aggravée par la déforestation alarmante signalée par l'ONG SOS Orinoco.
Burgum a insisté sur le fait que les problèmes économiques sont sources de cette instabilité. Dans ce nouveau climat, il a exprimé sa conviction que le Venezuela pourrait non seulement atteindre mais aussi dépasser ses objectifs de production pétrolière fixés pour 2026.
Washington a imposé des sanctions sur le secteur pétrolier et aurifère du Venezuela après les élections de 2018, marquées par des accusations de fraude. Cependant, suite à l'arrestation de Maduro, certaines sanctions ont été assouplies, permettant un regain d'intérêt pour le secteur énergétique vénézuélien.
La récente visite de Burgum fait suite à celle du ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, qui avait pour objectif d'inspecter les sites pétroliers et d'étudier les conséquences de la révision législative en cours.
Burgum a également souligné la proximité géographique entre les États-Unis et le Venezuela, offrant ainsi un avantage stratégique pour l'exportation des ressources. "Il est crucial de considérer que le Venezuela n'est qu'à quelques heures des côtes américaines, une opportunité à ne pas négliger", a-t-il déclaré.
Avec la volonté d'augmenter sa production pétrolière de 18 % d'ici 2026, le Venezuela, détenant les plus grandes réserves mondiales, tente de sortir d'une période de déclin, ayant produit seulement 1,2 million de barils par jour en 2025, bien en deçà des trois millions extraits au début des années 2000.







