Un compromis historique vient d'être atteint au sein de l’Union européenne : l'utilisation de l'appellation « steak végétal » sera désormais prohibée, tandis que les termes « saucisse végétarienne » et « burger veggie » seront maintenus. Cette décision a été conclue lors des négociations entre eurodéputés et États membres le 5 mars.
Des élus de droite et les représentants de l'industrie agroalimentaire ont milité pour l'interdiction de l'utilisation de termes comme « steak » pour les produits à base de plantes, affirmant que cela nuisait aux éleveurs. Les alternatives végétales, en pleine expansion, en particulier sur le marché allemand, au sein de la plus grande économie de l’UE, ont intensifié les débats.
Finalement, l'accord stipule que « steak », « bacon » et « foie » resteront réservés aux produits carnés. Les « hamburgers veggie » et les « saucisses végétales » conservent leur dénomination, mais cette réglementation doit encore être validée par le Parlement européen et les États membres.
Céline Imart, eurodéputée de droite et l’une des voix principales de cette proposition, a salué ce compromis comme un « premier pas » significatif, tandis qu'elle mettait en avant l’interdiction d'associer le terme viande à n'importe quel produit de laboratoire ou cellulaire, ce qu'elle considère comme « une avancée décisive pour nos agriculteurs ».
D’un autre côté, Anna Strolenberg, écologiste néerlandaise, a déploré la création d’une « liste noire » pour certaines appellations, bien qu'elle se réjouisse de la sauvegarde du « veggie burger ».
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a critiqué ce compromis, le qualifiant de source de confusion pour les consommateurs en quête de choix alimentaires plus sains.
Un débat enflammé
Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une législation plus large visant à revaloriser le rôle des agriculteurs dans la chaîne de valeur. Sir Paul McCartney, figure emblématique de la musique et défenseur des droits des animaux, a exprimé son soutien aux produits végétaux lors de cette discussion, rappelant qu'il est un végétarien engagé depuis longtemps.
Des acteurs de la grande distribution en Allemagne, tels que Lidl et Aldi, ont également évoqué des inquiétudes face à une telle interdiction, soulignant que ces termes étaient désormais bien intégrés dans le langage des consommateurs.
En France, un décret initial interdisant ces appellations avait été annulé par le Conseil d’État, en réponse à un jugement de la Cour de justice de l'Union européenne. Le contexte politique a évolué depuis, les récents résultats électoraux ayant renforcé les partis de droite et d'extrême droite à Strasbourg.
Les débats sur ces nouvelles régulations continuent de diviser, même au sein des partis politiques. Manfred Weber, leader du groupe parlementaire européen de droite, considère que ces préoccupations ne sont pas une priorité, arguant que « les consommateurs ne sont pas stupides ».
Avec la croissance exponentielle des produits végétariens, profondément ancrés dans le souhait des consommateurs de privilégier des options plus saines et d’adopter des comportements respectueux de l’environnement, cette décision marquera un tournant significatif dans le paysage alimentaire européen.







