La Cour des droits de l'homme tient le Pérou responsable de stérilisations forcées

La Cour interaméricaine dénonce les stérilisations forcées, révélant un passé troublant.
La Cour des droits de l'homme tient le Pérou responsable de stérilisations forcées
Des femmes brandissent des pancartes où l’on peut lire « Nous sommes 2 074 et plus, plus jamais de stérilisations forcées », « Plus jamais de dictature » lors d’une manifestation contre la discrimination et les violences faites aux femmes à Lima, au

Le 5 mars, la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a déclaré le Pérou responsable de la stérilisation forcée ayant conduit à la mort d’une paysanne en 1997, une pratique qui aurait touché près de 300 000 femmes dans le pays. Cette décision survient alors qu'un registre de l'État recense plus de 7 000 victimes identifiées.

Dans les années 1990, le Pérou était plongé dans un conflit interne majeur, marqué par des violences perpétrées par des guérillas d'extrême gauche, tandis que le gouvernement d'Alberto Fujimori tentait de reprendre le contrôle. À cette époque, en particulier, des femmes parmi les plus vulnérables, souvent d'origine indigène quechua et peu éduquées, sont devenues les cibles de ce programme de stérilisation forcée.

En 2023, la justice péruvienne a reconnu que ces « stérilisations involontaires » étaient intégrées dans une « politique publique », une déclaration qui a ému les défenseurs des droits humains. Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (Cedaw) a également qualifié ces actes de « systémiques », touchant des centaines de milliers de femmes.

Pressée de se soumettre à une ligature des trompes

La CIDH a affirmé la responsabilité internationale du Pérou dans le cas de Celia Edith Ramos Durand, dont la mort a suivi sa stérilisation forcée. Selon les rapports, des agents de santé auraient exercé des pressions constantes sur Mme Ramos Durand pour qu'elle accepte l'intervention chirurgicale.

Bien que le registre des victimes identifie plus de 7 000 femmes, seulement 3 000 cas sont actuellement en cours d’enquête, et aucune condamnation n’a encore été prononcée. Les victimes témoignent que beaucoup ont été trompées ou contraintes de subir ces interventions dans des conditions inappropriées, sans information adéquate sur la nature de la procédure.

Des organisations telles qu'Amnesty International continuent de dénoncer ces violations graves des droits humains et appellent à une justice véritable pour les victimes afin que de tels abus ne se reproduisent jamais.

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