Dans une analyse présentée ce mercredi, l'Institut Montaigne met en lumière la situation financière délicate de la ville de Strasbourg. Selon le think tank, l'endettement de la capitale alsacienne a considérablement augmenté au cours des dernières années, plaçant la ville en 11ème position parmi les plus grandes villes de France en termes de santé financière.
Les responsables municipaux réfutent ces accusations, arguant que “l'étude ne représente pas fidèlement la réalité”. En réponse à des préoccupations soulevées par l'Institut, plusieurs communes, y compris Paris et Marseille, se joignent à Strasbourg pour dénoncer le contenu de cette étude. La mairie insiste sur le fait que l'endettement actuel est nécessaire pour financer des projets d'envergure, tels que la rénovation des écoles et de l'opéra.
La méthodologie de l'Institut Montaigne est également controversée. Les experts s'interrogent sur la pertinence de comparer des communes avec des réalités financières et des compétences aussi variées. D'après l'analyse, Strasbourg pourrait mettre une dizaine d'années à rembourser son endettement, se rapprochant du seuil d'alerte de 12 ans fixé par la Cour des comptes, alors qu'en 2019, ce chiffre était d'environ 5 ans.
“Nous prenons notre endettement à la légère, nous sommes élus pour investir”, clame la mairie lors d'une conférence. Toutefois, les responsables admettent qu'une surveillance est nécessaire pour assurer une gestion responsable des finances publiques. Les villes concernées soulignent aussi que la méthode d'évaluation, qui incluait une notation des communes, aurait dû être accompagnée d'une concertation préalable. Cela n’a pas été le cas, selon un communiqué du collectif de communes en réaction à l’étude.
En somme, cette situation pourrait avoir des implications politiques notables à l'approche des élections municipales, et interroge le rôle et l'objectivité des instituts de recherche comme l'Institut Montaigne dans l’évaluation des finances locales.







