La situation de la verrerie de Vayres, autrefois fleurissante, représente aujourd'hui un symbole des difficultés traversées par le secteur viticole du Bordelais. En 1990, l'usine employait encore 515 personnes, mais ce chiffre a chuté de manière alarmante, avec moins d'une centaine de salariés restant. Le géant américain O-I Glass, propriétaire de l'établissement, a déjà mis un four à l'arrêt en septembre dernier et prévoit de fermer le second pour une durée de six mois.
Thierry Lallemand, agent de maîtrise et employé depuis 37 ans, témoigne des défis rencontrés : « Le travail était exigeant, nous faisions face à des conditions difficiles ». L'usine, dans ses années glorieuses, était le pilier économique de la région, mais la crise viticole a lourdement impacté son activité. Stéphane Leroy, délégué syndical CGT, souligne l'ampleur de cette crise : « La Gironde subit une vague d’arrachage de vignes ». Les viticulteurs bordelais peinent à trouver des solutions face à ces enjeux.
320 licenciements nets dans toute la France
L'augmentation des prix par O-I Glass vient aggravée la situation, forçant les viticulteurs à chercher des alternatives à l'étranger. Thierry Lallemand critique sévèrement le plan de restructuration « Fit to Win » qui se traduira par la perte de 320 emplois, soit près de 15 % des effectifs en France. Dans une conversation récente, il a fait remarquer que les employés des autres sites sont également touchés, avec des licenciements apparents parmi les commerciaux.
Curieusement, bien que l'entreprise ait investi dans une technologie plus verte, avec un nouveau four à Vayres pour 50 millions d'euros, l'arrêt du four 1 au mois de septembre a entraîné des pertes significatives de postes. « O-I France a pourtant affiché des bénéfices records et a bénéficié d'aides publiques », a souligné Julien Brugerolles, député, lors d'une intervention en Assemblée nationale.
« Une fin de carrière amère »
La fin de l'année sera marquée par un arrêt de la production pendant la période cruciale d'embouteillage, ce qui provoque des inquiétudes au sein du personnel : « Ce n'est pas comme si nous ne vendions plus nos bouteilles ; la situation va devenir encore plus complexe », ont déploré Lallemand et Leroy. Les employés qui partent en retraite anticipée, dont Thierry Lallemand, expriment leurs craintes quant à la longévité de l'entreprise. « Six mois d'arrêt, cela semble un délai excessif pour des travaux », avertissent-ils.
Le redémarrage du four, prévu en octobre, sera crucial pour l'emploi dans la commune. Les syndicats ont pris l'initiative d'alerter le sous-préfet de Libourne, qui s'est engagé à suivre de près la situation d'O-I Glass. L'avenir de la verrerie de Vayres est désormais suspendu à cette décision cruciale.







