Le gouvernement a récemment annoncé une aide supplémentaire pour le secteur de la collecte des vêtements usagés, qui fait face à un afflux massif lié à l'essor de l'ultra-fast fashion. "Nous devons agir pour éviter des faillites en chaîne et maintenir les capacités industrielles de cette filière en danger", a déclaré le ministère de la Transition écologique.
Cette aide exceptionnelle, prévue pour 2026, portera le soutien financier à 268 euros par tonne, en hausse par rapport aux 228 euros actuels. Cette mesure vise à prendre en charge une partie substantielle des coûts liés au tri des vêtements, un problème aggravé par un déséquilibre économique qui affecte l'ensemble de la chaîne de valeur.
En 2024, la filière a enregistré 891 309 tonnes de nouveaux produits, mais seulement 289 393 tonnes de vêtements usagés ont été collectées. Ce déséquilibre met une pression immense sur les opérateurs de collecte comme Emmaüs et La Croix-Rouge, qui doivent maintenant faire face à la concurrence accrue de plateformes de vente de seconde main comme Vinted.
"Ce soutien est primordial pour sécuriser la filière et préserver ses capacités industrielles dans l'attente d'une réforme nécessaire", a expliqué Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique.
Avec une majorité des produits usagés exportés, principalement vers des marchés africains désormais saturés de vêtements à bas prix, le système fait face à des défis sans précédent. Comme le souligne le spécialiste du recyclage, Mme Dupont, "nous n’avons pas seulement besoin de soutien financier, mais aussi d'une stratégie à long terme pour redynamiser ce marché."
À moyen terme, le ministre a annoncé une réforme structurelle qui devra être mise en place d'ici mars 2026, visant à introduire des mesures de traçabilité et promouvoir le recyclage local. Le gouvernement a également demandé à l'éco-organisme Refashion de proposer un plan d'action visant à instaurer des coûts additionnels sur les marques d'ultra-fast fashion.
"La réponse durable à cette crise passe par une refonte complète de la filière REP TLC, avec un accent sur une plus grande rationalité économique et le développement d'une industrie française du recyclage," a ajouté le ministre.







