Londres, une décennie après le Brexit : la City toujours en tête du jeu financier en Europe

Une décennie après le Brexit, Londres prouve sa résilience en conservant sa suprématie financière.
Londres, une décennie après le Brexit : la City toujours en tête du jeu financier en Europe
Dix ans après le Brexit, malgré le transfert de dizaines de milliers d'emplois et d'actifs vers l'Union européenne, la City de Londres a su s'adapter en innovant dans la technologie et la fintech, maintenant ainsi son statut de première place financière européenne et de numéro deux mondiale après New York.

Dix ans après le référendum sur le Brexit et six ans et demi après sa mise en œuvre, le secteur financier britannique a subi des transformations majeures. Entre la migration d’emplois vers le continent et le déplacement d’actifs, la City de Londres s'était engagée sur une voie incertaine. Cependant, la réalité d'aujourd'hui est différente : Londres reste la première place financière d'Europe, se positionnant toujours au second rang mondial juste derrière New York.

Les données sont révélatrices des tensions engendrées par la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Pour continuer à répondre aux demandes des clients des 27 pays de l'UE, de nombreuses entreprises britanniques ont transféré environ 40 000 postes vers des centres financiers européens, comme le rapportent les estimations de la City of London Corporation.

De plus, plus de 1 500 milliards d’euros d’actifs ont été redirigés vers d'autres places financières européennes pour maintenir l'accès au marché unique. En 2022, Londres a connu un moment difficile lorsque Paris a brièvement surpassé la capitale britannique en termes de capitalisation boursière. Cependant, cet événement n'a pas remis en question la domination de la City en matière de services financiers. En seulement trois ans, Londres a retrouvé son statut de première place boursière européenne.

4 700 milliards de dollars de capitalisation

La City de Londres maintient toujours son rôle clé sur la scène financière mondiale. Bien que la cadence des introductions en bourse ait ralenti ces dernières années, Londres a su s'orienter vers de nouveaux secteurs de croissance, notamment dans la technologie et les services financiers innovants.

"Aujourd'hui, le quartier de King's Cross est le plus grand pôle d'innovation d'Europe, accueillant les sièges européens de Google DeepMind, Meta, Anthropic et OpenAI", souligne Laura Citron, directrice générale de London & Partners. "La FinTech a également gagné en importance depuis le Brexit. Avoir un grand centre technologique au cœur du quartier financier est un atout considérable pour nous."

Cette synergie entre finance traditionnelle et innovation constitue un argument fort pour Londres. La capitale britannique continue d'attirer des investisseurs internationaux, des talents et des startups en quête de marchés globaux.

C'est le cas de WeeFin, une fintech française spécialisée dans l'impact environnemental et social des acteurs financiers. Pour accélérer son expansion, l'entreprise a décidé de s'établir à Londres il y a deux ans, et sa cofondatrice Marion Aubert précise : "L'Angleterre représente un marché quatre fois plus important que le marché français. Les acteurs américains, européens et asiatiques y sont nombreux. Bien que le Brexit ait compliqué certaines démarches administratives, il n’a pas freiné nos ambitions d’internationalisation."

La capitalisation totale du London Stock Exchange s'élève désormais à près de 4 700 milliards de dollars, contre environ 3 000 milliards pour Paris. Dans un symbole de cette résilience, le FTSE 100 a atteint le seuil historique des 10 000 points, soutenu par des valeurs bancaires, minières et industrielles, défiant ainsi les pronostics les plus pessimistes qui avaient suivi le Brexit.

La zone de Canary Wharf, souvent considérée comme une "deuxième City," est un autre témoignage de cette résistance. Avec plus de 120 000 emplois concentrés dans la banque d'investissement et les services financiers, ce secteur a vu des géants tels que Barclays, Citi et JP Morgan renforcer leur présence.

Dans cette même dynamique, JP Morgan construit actuellement la plus grande tour du quartier, projet qui représente un investissement de trois milliards de livres sterling, témoignant de la confiance des grandes institutions financières dans l'avenir de Londres. En dépit des défis découlant du Brexit, la City démontre une incroyable capacité d'adaptation. En misant sur la technologie et la fintech, Londres conserve une position de leader, rivalisant avec New York tout en dépassant largement ses homologues européens.

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