Wall Street dégringole, l'Europe résiste : le marché réagit au tumulte technologique

Les marchés mondiaux s'affolent, Wall Street piétine face à des données économiques imprévues.
Wall Street dégringole, l'Europe résiste : le marché réagit au tumulte technologique

Le marché boursier américain a subi une forte turbulence vendredi, avec une chute notable des actions technologiques, exacerbée par l'érosion des espoirs d'un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed). En revanche, les indices européens ont affiché une prudence relative.

Le Nasdaq, qui regroupe de nombreuses valeurs technologiques, a enregistré une chute de 4,18 %, marquant ainsi sa pire performance depuis avril 2025, durant les tensions liées aux droits de douane sous la présidence de Donald Trump.

L'indice S&P 500 a également baissé de 2,65 %, tandis que le Dow Jones a perdu 1,35 %.

Analyste chez Briefing.com, Patrick O'Hare, a observé que cette vague de ventes a été « particulièrement intense, en particulier pour les semi-conducteurs », comme l’a rapporté l'AFP. En conséquence, Nvidia, la principale capitalisation boursière mondiale, a vu son action dégringoler de 6,20 %, alors qu'Intel et Micron ont chuté respectivement de 11,28 % et 13,25 %.

M. O'Hare a expliqué que cette réaction du marché est en grande partie due aux « gains extraordinaires » connus par ces entreprises ces dernières semaines. En effet, le Nasdaq avait flambé de près de 30 % en l'espace de deux mois.

« Personne ne devrait être surpris par ce recul », a ajouté l'analyste, le voyant comme une dynamique de prise de bénéfices plutôt qu'une inquiétude généralisée sur le secteur de l'intelligence artificielle (IA). Gilles Guibout, responsable de plusieurs fonds chez BNP Paribas AM, a noté que ces ventes pourraient également être interprétées comme une stratégie pour financer des acquisitions dans les introductions en bourse imminentes, notamment celle de SpaceX prévue la semaine prochaine.

En Europe, STMicroelectronics a perdu 5,87 % à Paris, tandis qu'Infineon a chuté de 8,72 % à Francfort, et ASML a dévissé de 2,39 % à Amsterdam. Cependant, les marchés européens, moins exposés aux technologies, ont subi des pertes plus modérées, avec Paris en baisse de 0,32 %, Francfort de 0,75 % et Milan de 0,56 %. Londres, quant à elle, a terminé en légère hausse de 0,07 %.

- L'emploi américain surprend -

Les nouvelles données sur le marché de l'emploi aux États-Unis ont révélé 172 000 créations nettes d'emplois en mai, un chiffre bien supérieur aux prévisions des analystes. Le taux de chômage est resté stable à 4,3 %, considéré comme un niveau de plein emploi.

Gilles Guibout a expliqué que cette situation « argumente en faveur de la suppression des attentes de baisse des taux, et pourrait même justifier un resserrement de la politique monétaire américaine ». Un marché de l'emploi vigoureux est souvent un indicateur d'une économie dynamique, rendant difficile pour une banque centrale de maintenir des taux bas.

Cependant, Christoph Balz de Commerzbank a rappelé que la Fed n'a pas atteint son objectif d'inflation depuis cinq ans, et la récente montée des prix de l'énergie pourrait alimenter de nouvelles inquiétudes inflationnistes. La réaction des marchés à ces résultats a été sans équivoque.

Le rendement des obligations d'État à dix ans a grimpé à 4,53 %, contre 4,47 % la veille, tandis que celui à deux ans a franchi 4,14 %. Le dollar a progressé de 0,77 % face à l'euro, à 1,1522 dollar, rendant la devise plus attrayante en prévision de taux plus élevés.

Cette appréciation du dollar a également influencé les prix de l'or, qui ont atteint un niveau bas depuis fin mars, à 4 328,45 dollars. Pendant ce temps, le bitcoin est tombé brièvement sous la barre des 60 000 dollars, représentant une chute de près de 50 % par rapport à son record d'automne dernier.

- Le pétrole mise toujours sur un accord -

Les prix du pétrole ont terminé en baisse vendredi, prolongeant l'optimisme relatif à des négociations entre Téhéran et Washington, malgré des tensions persistantes au Moyen-Orient. Le baril de Brent a ainsi cédé 2,04 % à 93,09 dollars, soit environ un dollar de plus par rapport à la semaine précédente.

Le West Texas Intermediate a enregistré une baisse de 2,69 % à 90,54 dollars. Les analystes d'ING avancent que ces niveaux illustre un marché pétrolier anticipant un accord imminent permettant la reprise des flux à travers le détroit d'Ormuz, une perspective qu'ils jugent toutefois « excessivement optimiste ».

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