À moins de deux semaines d'un référendum majeur, qui pourrait instaurer un maximum de 10 millions d'habitants en Suisse, les leaders d'importantes entreprises mettent en avant leur opposition à cette initiative. Philipp Navratil, le patron de Nestlé, a récemment exprimé ses inquiétudes quant à l'impact négatif que cette décision pourrait avoir sur la compétitivité économique du pays.
Lors du Forum économique d'Interlaken, Navratil a souligné que "la Suisse a établi des conditions favorables à la prospérité d'une entreprise mondiale comme la nôtre". Il a ajouté qu'il était crucial de maintenir ces avantages, notamment en matière de main-d'œuvre qualifiée, indispensable pour des secteurs tels que la santé et les technologies, comme le rapporte Bloomberg.
Une économie dépendante de la main-d'œuvre étrangère
La Suisse, qui compte actuellement environ 9,1 millions d'habitants, a vu sa population augmenter de 10 % au cours des dix dernières années. Cela contraste avec la croissance de moins de 2 % observée dans l'Union européenne. La proposition de l'Union démocratique du centre (UDC), un parti anti-immigration, vise à inscrire dans la Constitution un plafonnement de la population pour protéger le mode de vie suisse et répondre aux préoccupations environnementales. Cependant, des experts rappellent que l'économie suisse dépend largement de l'immigration, ce qui pourrait compliquer la mise en œuvre d'une telle mesure.
Navratil a précisé que pour garantir la réussite de Nestlé en Suisse, il est crucial d'avoir accès à une main-d'œuvre compétente : "Nous devons nous assurer que la Suisse maintienne ces conditions avantageuses à l'avenir".
Le patron d'UBS inquiet de "ces initiatives extrêmes"
Sergio Ermotti, directeur général d'UBS, a également exprimé ses préoccupations concernant le référendum à venir. Il a noté que 30 % de la population suisse est composée de personnes nées à l'étranger, un chiffre élevé comparé à l'Allemagne, et cela peut créer des tensions au sein de la société. Selon lui, réduire l'immigration de moitié pour éviter d'atteindre le plafond des 10 millions d'habitants aurait des conséquences désastreuses, entraînant une contraction du PIB de 12 % d'ici la fin du siècle, selon une étude commandée par le gouvernement.
Les résultats des sondages indiquaient jusqu'à récemment une forte probabilité d'adoption du "oui" au référendum. Cependant, une enquête récente suggère que l'opposition pourrait dépasser les 50 % pour la première fois, remettant en question l'issue de cette initiative controversée.







