Les indices boursiers sont en chute libre ce vendredi, en particulier le Nasdaq, tandis que les rendements des obligations américaines flambent suite à un rapport sur l'emploi aux États-Unis qui dépasse les prévisions, remettant en question toute possibilité d'assouplissement monétaire par la Réserve fédérale.
En Europe, la situation est similaire : Paris a reculé de 0,32%, Francfort de 0,75%, et Milan de 0,56%, tandis que Londres termine à l'équilibre (+0,07%).
À New York, aux alentours de 15H50 GMT, le Nasdaq plongeait de 2,41%. Le S&P 500 affichait une baisse de 1,41% et le Dow Jones perdait 0,54%.
Les rendements des obligations américaines à deux ans, particulièrement sensibles à l'évolution des politiques monétaires, ont atteint 4,15%, en hausse par rapport à 4,05% la veille. Les taux à dix ans, quant à eux, ont grimpé à 4,53%, contre 4,47% précédemment.
Le marché du travail américain a enregistré trois mois consécutifs de créations d'emplois solides, avec 172 000 postes ajoutés en mai, un chiffre bien au-delà des 105 000 attendus selon les analystes de Factset. Le taux de chômage reste stable à 4,3%.
Ce niveau de chômage, se maintenant dans une fourchette étroite entre 4,3% et 4,5% depuis juillet 2025, est considéré comme un indicateur de plein emploi, comme l’a souligné le département du Travail américain.
Gilles Guibout, responsable chez BNP Paribas AM, estime que ces données renforcent l'idée que les baisses de taux sont peu probables et pourraient même appeler à un resserrement des politiques monétaires. "Un marché de l'emploi vigoureux témoigne d'une économie active, rendant difficile le maintien de taux bas," déclare-t-il à l'AFP.
Cette pression sur la Fed est accentuée par la montée actuelle de l'inflation, principalement due à l'augmentation des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient.
La prochaine réunion de la Fed est prévue pour les 17 et 18 juin, un premier rendez-vous sous la direction de Kevin Warsh, récemment nommé par Donald Trump, qui appelle depuis de nombreux mois à des baisses de taux.
Cependant, comme l’indique Florian Ielpo de Lombard Odier, "les chiffres indiquent un marché du travail en plein essor, peu compatible avec un assouplissement rapide de la politique monétaire."
Du côté des devises, le dollar perdait 0,65% face à l'euro, se fixant à 1,1535 dollar pour un euro.
Sur le marché pétrolier
Le marché pétrolier continue de montrer des signes de détente, malgré les oppositions internes au Liban et la poursuite des frappes israéliennes. À 15H50 GMT, le Brent perdait 1,61% à 93,50 dollars le baril, tandis que le WTI baissait de 2,38% à 90,93 dollars.
Les entreprises technologiques en difficulté
Le secteur des semi-conducteurs, qui avait récemment bénéficié d'un grand intérêt des investisseurs en raison des dépenses massives liées à l'intelligence artificielle, commence à ressentir les effets de ce repli. En Europe, STMicroelectronics chutait de 5,87% à Paris, tandis que Infineon perdait 8,72% à Francfort. À Wall Street, Micron et Intel affichent des pertes respectives de 6,93% et 6,90%.
Gilles Guibout note que "ces mouvements de vente peuvent être perçus comme une stratégie pour financer de futures introductions en Bourse, comme celle de SpaceX prévue pour la semaine prochaine, qui s'annonce comme l'une des plus importantes de l'histoire."
Des prévisions revues à la baisse pour Lululemon
Lululemon, le spécialiste des vêtements de sport, a connu une chute de 8,16% à Wall Street après avoir abaissé ses prévisions de revenus pour l'année en cours.







