Les actions liées à l'intelligence artificielle en Europe ont enregistré une chute notable ce jeudi, alors que les prévisions du géant américain Broadcom, acteur majeur des semi-conducteurs, ont déçu les investisseurs. Cette situation a ravivé les inquiétudes concernant une possible surestimation des performances du secteur technologique.
Pour son deuxième trimestre, Broadcom, qui est la sixième plus grande capitalisation boursière mondiale, a annoncé une augmentation de 48 % de son chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, un chiffre qui a surpassé les attentes des analystes.
Récemment, Broadcom a établi des partenariats majeurs avec des entreprises comme OpenAI, Meta, et Anthropic, qui ont commandé des millions de processeurs, soutenus par une accélération marquée de l'intelligence artificielle depuis le début de l'année.
Cependant, l'absence d'un relèvement des prévisions annuelles a profondément déçu de nombreux investisseurs. Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown, note que cette situation a provoqué des réactions négatives sur le marché.
Lors de cette annonce, le PDG de Broadcom, Hock Tan, a déclaré que le carnet de commandes pour les semi-conducteurs liés à l'IA s'élevait à 30 milliards de dollars. Cela n'a cependant pas suffi à rassurer les marchés, qui ont réagi de manière brutale : l'action de Broadcom a chuté de 13 % dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street, selon Alexandre Baradez d'IG France.
Cette réaction du marché souligne des interrogations croissantes concernant la véritable dynamique de croissance dans le secteur de l'intelligence artificielle, un domaine qui a grandement soutenu les marchés mondiaux en 2023. John Plassard de Cité Gestion souligne que cette déception rappelle combien les marchés s'attendent à une croissance spectaculaire dans un secteur devenu l'un des catalyseurs principaux des indices technologiques.
Les actions d'autres entreprises de semi-conducteurs comme STMicroelectronics (-5,15% à 64,96 euros) et Soitec (-8,18% à 152,35 euros) ont également subi le contrecoup de cette situation en Bourse de Paris. Le fabricant allemand Infineon a enregistré une perte de 4,57 % à Francfort, tandis que des sociétés telles que Schneider Electric et Legrand ont aussi vu leurs valeurs baisser.
Cette défiance générale entraîne un déplacement des investissements au sein du secteur technologique. Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K, explique : "Lorsque l'IA ne parvient pas à répondre aux attentes, les investisseurs se tournent vers des secteurs moins en vue comme les logiciels ou le luxe en Europe."
Certaines entreprises de logiciels se distinguent toutefois par leur performance. Capgemini a enregistré une hausse de 6,66 % à 104,25 euros, se hissant en tête du CAC 40, suivie de Dassault Systèmes (+5,36 % à 20,05 euros). SAP, le géant allemand des logiciels, a également progressé de 4,26 % à 162,58 euros.
Malgré ces hausses, Alexandre Baradez note que l'orientation des valeurs liées aux logiciels demeure négative cette année, la concurrence croissante de l'intelligence artificielle ayant un impact sur les cours.







