Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié un rapport alarmant concernant l’économie de la France, mettant en avant une dégradation des perspectives économiques et la nécessité d’une rationalisation des dépenses publiques.
D’après ce rapport, le FMI trouve que le déficit budgétaire français n’est pas suffisant et appelle à une réforme approfondie des dépenses publiques. Dans une analyse plus précise que les précédentes, l’institution internationale exhorterait les autorités à « rationaliser les dépenses inefficientes » tout en « réorientant les dépenses courantes et sociales vers des priorités ». Parmi les domaines concernés, on note les systèmes de santé, les retraites et l'assurance-chômage.
En matière de santé, le FMI suggère qu'un meilleur contrôle des coûts pourrait être mis en place. Une des pistes envisagées évoque une participation accrue des patients aux frais médicaux, notamment à travers des « tickets modérateurs ajustés selon les revenus et/ou l'état de santé ».
La question des retraites figure également au cœur des préoccupations du FMI. L'organisation critique l'interruption des discussions sur la réforme entamée en 2023, plaidant pour une réouverture du dossier. Des mécanismes tels que l’allongement de la durée d’activité, des ajustements automatiques en fonction de la démographie, et une harmonisation des différents régimes de retraite sont recommandés. Manuela Goretti, cheffe de mission au FMI, souligne : « Cela devient urgent, compte tenu de l’évolution démographique française. La population vieillit et la fertilité décroît, ce qui nécessite une révision des dépenses publiques. »
Le système d’assurance-chômage est aussi pointé du doigt. Le FMI le trouve « relativement généreux pour certains groupes », et suspecte qu’il pourrait représenter une « passerelle vers la retraite ». Des ajustements des critères d’éligibilité, des durées d’indemnisation et des conditions de maintien des droits sont requis.
Une croissance à 0,7 %
Ces recommandations interviennent dans un contexte de plus en plus inquiétant pour le budget français. Malgré une prévision pour 2025 jugée positive, le FMI reste prudent et met en avant des facteurs de risque potentiels, tels que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’incertitude liée à l'élection présidentielle.
Le rapport estime que la croissance française pourrait plafonner à 0,7 % cette année, rendant difficile l’objectif de ramener le déficit public en dessous des 3 % d'ici 2030, un engagement envers Bruxelles. Le FMI appelle donc à un effort budgétaire renforcé : « Les services du FMI recommandent un ajustement structurel d’environ 0,8 % du PIB par an pour 2027-2028. »
Néanmoins, une augmentation générale des impôts n’est pas envisagée comme une solution viable. « Un recours accru aux hausses d’impôts n’est ni réaliste ni souhaitable, surtout avec des niveaux de prélèvements déjà très élevés », conclut le rapport, plaidant plutôt pour une meilleure gestion des dépenses publiques : « La France a la plus forte dépense publique de la zone euro, il existe donc de la marge pour une meilleure efficience. »







