Les marchés mondiaux ont affiché des résultats mitigés lundi, réagissant de manière disparate aux récents développements du conflit au Moyen-Orient, tandis que les craintes inflationnistes continuent de maintenir les taux des obligations à des niveaux élevés.
À Wall Street, le Dow Jones a enregistré une hausse de 0,32 %, tandis que l'indice technologique Nasdaq a chuté de 0,51 %, et l'indice S&P 500 a légèrement reculé de 0,07 %.
Dans le vieux continent, les indices européens ont connu des mouvements variés : Francfort a grimpé de 1,49 %, Londres de 1,26 % et Paris a progressé de 0,44 %. Milan, en revanche, a terminé en baisse de 0,91 %.
Selon Jose Torres d'Interactive Brokers, "les tensions entre les États-Unis et l'Iran incitent les investisseurs à réévaluer leur exposition au risque".
Donald Trump a annoncé qu'il ne procéderait pas à une attaque prévue contre l'Iran, suite à des demandes de dirigeants du Golfe, mais a aussi affirmé que des "négociations sérieuses" étaient en cours. Cependant, il a averti que Washington pourrait privilégier une "attaque totale" si un accord satisfaisant n'était pas atteint avec Téhéran.
D'après le média Axios, les États-Unis estiment que la réponse de l'Iran à leurs propositions pour mettre fin au conflit est jugée insatisfaisante.
Tom Siomades, directeur des investissements chez AE Wealth Management, a décrit la situation comme "extrêmement fragile", signifiant une nervosité accrue parmi les investisseurs.
Le pétrole sous pression
Sous l'impact des nouvelles concernant le Moyen-Orient, les cours du pétrole ont finalement enregistré une hausse significative. Le Brent de la mer du Nord a clôturé à 112,10 dollars, en hausse de 2,60 %, tandis que son homologue américain, le WTI, a pris 3,07 % pour atteindre 108,66 dollars.
L'Iran maintient un contrôle stratégique sur le détroit d'Ormuz, essentiel pour le commerce mondial de pétrole, alors que l'armée américaine continue d'appliquer un blocus sur certains ports iraniens. Téhéran a annoncé la mise en place d'un nouvel organisme, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, pour gérer cette artère vitale.
Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a mis en garde contre une rapide diminution des stocks de pétrole, affectée par la guerre. Ces prélèvements pourraient atténuer l'explosion des prix, mais des réserves à sec pourraient exacerber la crise.
Des taux d'intérêt en hausse
Les prix élevés de l'énergie depuis plusieurs mois entraînent nécessairement des répercussions économiques.
Tom Siomades souligne auprès de l'AFP qu'il existe de "fortes craintes inflationnistes", comme en témoignent les rendements obligataires. Vers 20H20 GMT, le rendement des emprunts d'État américains à dix ans était aux alentours de 4,60 %, atteignant même un pic de 4,63 %, un niveau jamais vu depuis février 2025.
Avant le début du conflit au Moyen-Orient, ce rendement s'élevait à 3,94 %.
En ce qui concerne l'Europe, le rendement des références de dettes à dix ans a enregistré des hausses, atteignant 3,14 % en Allemagne, et 3,80 % pour les obligations françaises, en nette hausse par rapport aux jours précédents.
Face à ces pressions inflationnistes, les créanciers exigent des taux d'intérêt plus élevés, illustrant un besoin accru de compensation pour le risque encouru.
Dans ce climat d'incertitude, Alexandre Baradez, analyste de marché chez IG France, a déclaré que "les investisseurs craignent que les banques centrales n'augmentent leurs taux". Historiquement, un resserrement monétaire peut avoir des effets mitigés sur les indices boursiers, bien souvent perçu différemment des réductions des taux, qui sont considérées comme bénéfiques pour les entreprises.







