Le géant saoudien Aramco se distingue nettement dans le paysage économique actuel. Dans un communiqué publié le 10 mai, il a révélé une augmentation de 25,5% de son bénéfice net pour le premier trimestre, soutenue par l'escalade des prix du pétrole dû à l'instabilité politique régionale.
Cette croissance est attribuée à "une hausse des revenus des ventes, compensant partiellement l'augmentation des coûts d'exploitation", comme l'indique le rapport. Aramco, qui fait partie des entreprises les plus valorisées mondialement, tire ses revenus principalement des exportations de brut.
La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, après l'attaque des installations islamiques en février, a intensifié les tensions. La fermeture partielle du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures, a également provoqué une flambée des prix, le baril de Brent atteignant près de 100 dollars.
32,04 milliards de dollars au premier trimestre
Aramco a enregistré un bénéfice net de 120,13 milliards de rials, soit équivalent à 32,04 milliards de dollars, par rapport à 95,68 milliards de rials (25,51 milliards de dollars) durant la même période l'an dernier.
Le directeur général, Amin Nasser, a loué la "résilience opérationnelle" de l'entreprise au sein d'un contexte géopolitique complexe. Malgré les tensions au détroit d'Ormuz, Aramco a réussi à délivrer des millions de barils grâce à son oléoduc est-ouest, garantissant ainsi la continuité de l'approvisionnement.
"Cet oléoduc s'est avéré vital pour assurer l'approvisionnement et a permis d'atténuer les conséquences du choc énergétique", a souligné Nasser.
Ce résultat marque une première depuis douze trimestres consécutifs de baisse, reflétant la solidité d'Aramco dans un marché instable.
En effet, le royaume saoudien, dont l'économie dépend largement du pétrole, a récemment enregistré un déficit de 126 milliards de rials (33,6 milliards de dollars), tout en continuant d'alimenter le programme de réformes Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane.
La situation géopolitique actuelle a aussi engendré des profits considérables pour des compagnies européennes, dont TotalEnergies, qui a vu son bénéfice trimestriel grimper de 51% en avril.
Des conséquences à long terme
Lors d'une conférence, Amin Nasser a averti que "plus la situation perdure, plus les effets sur les marchés pétroliers mondiaux seront désastreux". Il a insisté sur la nécessité d'une reprise des transports maritimes dans le détroit d'Ormuz.
Les États du Golfe, en proie à des attaques iraniennes, ont vu leurs infrastructures menacées, mais jusqu'à présent, Aramco a su redresser la barre face aux assauts. Le ministère saoudien de l'Énergie rapporte que des installations clés ont été réactivées après des frappes.
Seules les premières heures du cessez-le-feu depuis le 8 avril ont offert un répit, sans nouvelles attaques signalées depuis lors, permettant une stabilisation temporaire dans la région.







