L'exécutif a dévoilé ce jeudi 7 mai un ambitieux « plan d'accélération de l'emploi des jeunes ». Ces nouvelles mesures, qui, selon le gouvernement, « ne nécessitent ni évolution législative ni budget supplémentaire », visent à faire face à une situation de chômage alarmante parmi les jeunes.
Le taux de chômage des 15-24 ans a récemment connu une hausse inquiétante, atteignant 21,5 %, bien au-dessus des 7,9 % observés pour l'ensemble de la population française, selon les données de l'Insee. Cette situation difficile est d'autant plus préoccupante dans le contexte où la France compte près de 1,5 million de jeunes NEET (ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation), un chiffre en constante augmentation.
Comparativement à la moyenne européenne de 15 %, ces chiffres mettent en lumière un décalage préoccupant entre les formations proposées et les besoins du marché. « La rigidité du marché rend l'embauche de jeunes moins expérimentés beaucoup plus complexe », explique Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, qui tire la sonnette d'alarme sur l'impact potentiel d'un ralentissement économique sur le marché de l'emploi pour les jeunes.
Pour répondre à ce défi, le gouvernement a lancé sa stratégie « Emploi futur », composée de 15 mesures visant à « accompagner les jeunes vers l'emploi quel que soit leur parcours ». Parmi ces initiatives, la création d'un nouvel indicateur, « InserScore », qui permettra aux jeunes de faire des choix de formation éclairés en fonction des débouchés. L'application « 1jeuneDessolutions » offrira un accès centralisé aux services de l'État pour la jeunesse.
Bien que le gouvernement insiste sur l'opérationnalité de ces mesures, des éléments demeurent flous, comme la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » visant à aligner l'offre de formation sur les besoins du marché. Ces propositions, validées par plusieurs ministères, s'inscrivent dans un contexte de contraintes budgétaires, ce qui a été souligné par Benoît Serre, DRH et coprésident du Cercle Humania : « Sans argent, il faut des idées ».
Les réactions sont partagées. Le MEDEF salue certaines de ces mesures, tout en s'interrogeant sur d'autres décisions qui pourraient affaiblir les formations en apprentissage. Du côté des étudiants, la secrétaire générale de l'Unef, Manon Moret, dénonce un « plan au rabais, pro-entreprises » qui ne questionne pas en profondeur la condition des jeunes. Cependant, Jean-Pierre Farandou se veut optimiste, affirmant que ce plan pourra évoluer avec de nouvelles idées et initiatives pour offrir une réponse adéquate aux enjeux de l’emploi des jeunes.







