La question se pose : Viktor Orban est-il en train de préparer sa sortie? À dix jours des élections législatives, Peter Magyar, opposant au Premier ministre, est en tête des sondages. Si l'issue reste incertaine, la possibilité d'une défaite pour le dirigeant national-conservateur, au pouvoir depuis 16 ans, apparaît de plus en plus probable. Cette évolution est également perçue par les investisseurs, au vu de la chute significative de l'action de l'entreprise hongroise 4iG, comme l'indique Bloomberg.
L'action de ce fleuron des télécommunications a vu sa valeur divisée par deux, atteignant des niveaux alarmants depuis son pic de novembre 2025. Cette dégringolade s'est accélérée face à des sondages de plus en plus pessimistes pour Orban. Connue pour sa proximité avec le pouvoir, 4iG a bénéficié de marchés publics et de soutiens réglementaires qui ont propulsé sa valorisation de 20 millions à 2,3 milliards de dollars en l'espace de huit ans.
Jozsef Peter Martin, directeur de Transparency International en Hongrie, déclare : "4iG est un exemple typique du modèle économique hongrois, où l'État joue un rôle central. Ces entreprises prospèrent grâce à leur accès privilégié aux financements et aux contrats. Une éventuelle défaite d'Orban pourrait mettre en péril ces avantages indéniables pour 4iG."
Acquisitions multiples
4iG, sous la direction de Gellert Jaszai, proche d'Orban, a connu une expansion rapide depuis huit ans. Jaszai n'est pas seulement PDG de 4iG, mais aussi l'envoyé spécial du gouvernement pour les affaires commerciales. Il a récemment été vu avec Orban à Mar-a-Lago, où ils ont discuté d'accords avec Donald Trump et Elon Musk, ce qui avait entraîné une hausse de l'action de 4iG.
Ces dernières années, l'entreprise a mené de nombreuses acquisitions, parmi lesquelles l'achat d'Invitech en 2021, leader dans les infrastructures informatiques en Hongrie, et l'opérateur mobile One au Monténégro. Une opération majeure fut l'acquisition de la filiale magyare de Vodafone en 2022, positionnant 4iG comme le deuxième acteur majeur dans le secteur des télécommunications, comme l'a souligné la Direction générale du Trésor.
Cependant, alors que les élections approchent, les craintes s'intensifient pour 4iG. Les économistes s'attendent à ce qu'un gouvernement dirigé par Magyar privilégie des mesures visant à stimuler la concurrence. Orsolya Raczova, analyste chez Eurasia Group, évoque des doutes sur le soutien gouvernemental que l'entreprise pourrait recevoir sous un nouveau régime, citant les intentions de Magyar de revendre ses actions de 4iG pour dénoncer la mainmise d'Orban sur l'entreprise.
Avec la diversité croissante des activités de 4iG, notamment dans la défense et l'industrie spatiale via des partenariats avec des géants comme Lockheed Martin et Axiom Space, l'avenir de l'entreprise, et par extension d'Orban, s'écrit peut-être dans un nouveau chapitre, où l'incertitude est plus palpable que jamais.







