La lutte des jeunes diplômés pour trouver un premier emploi : un défi à relever

Les jeunes Bac + 5 peinent à entrer sur le marché de l'emploi. Explications.
La lutte des jeunes diplômés pour trouver un premier emploi : un défi à relever
La France est un des pays européens qui a les plus mauvaises statistiques sur l’emploi des jeunes : 20,9 % selon les chiffres d’Eurostat, contre 7,1 % en Allemagne. Midi Libre - JEAN MICHEL MART

Comment les jeunes diplômés sont-ils perçus par les recruteurs dans le contexte actuel de l'emploi ? Selon les représentants de France Travail et du Medef, la réalité est préoccupante.

"On ne peut pas créer des postes qui n’existent pas", déclare Laurent Paul, directeur de France Travail Hérault. Il souligne que les jeunes constituent 15 % des demandes d’emploi dans l’Hérault et 14 % dans le Gard. Ce qui est paradoxal, c’est que malgré un risque de chômage chez les jeunes diplômés qui est quatre à cinq fois inférieur à celui des autres, le taux de chômage pour les Bac + 3 s’élève à 14 % dans le Gard et atteint des niveaux préoccupants de 30 % à Montpellier.

Les chiffres montrent aussi de réelles difficultés d'accès à l'emploi. Le taux d'accès à l'emploi à six mois pour les moins de 26 ans sans diplôme est d'environ 48 %, tandis que pour les Bac + 3, il est de seulement 40 %.

Pour bénéficier de l’accompagnement de France Travail, il faut d’abord s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi. Toutefois, Laurent Paul estime que "les jeunes surdiplômés ont parfois le sentiment qu’on ne peut rien faire pour eux". Cela montre à quel point la perception de ces jeunes est déformée par leur niveau d'études et les exigences des recruteurs.

Les surdiplômés face aux défis de la mobilité

"Un premier rendez-vous est fixé dans un délai de trois semaines maximum", assure-t-il, rappelant que pour les Bac + 5, une collaboration existe avec l’Apec et l’association NQT, qui œuvre notamment pour développer un réseau afin d'aider ces jeunes.

Les chiffres sont frappants : il y a actuellement 170 000 demandeurs d’emploi dans l’Hérault pour seulement 600 conseillers. Cette disproportion rend les choses encore plus compliquées pour un jeune en quête de conseils.

Les principaux freins à l’employabilité des Bac + 5 sont la mobilité, constate Laurent Paul. De nombreux diplômés ne sont pas prêts à envisager des postes en dehors de leur zone de confort géographique.

Par ailleurs, l'émergence de l'intelligence artificielle a également des impacts notables sur les métiers dans le numérique, et de plus en plus de jeunes sont redirigés vers le secteur de la cybersécurité, un domaine en forte demande.

Selon le Medef, l'emploi des jeunes diplômés est "un enjeu majeur"

Le président du Medef du Gard, Steeve Calligaro, rappelle que "ce n'est pas un manque de volonté d’intégrer des jeunes, mais une réalité du marché". Les diplômés arrivent souvent avec une formation théorique qui ne correspond pas toujours aux attentes des entreprises. Il lance un appel à davantage d'alternances et de stages, qui permettent de réussir cette transition. "Un candidat avec un peu d'expérience est souvent plus rassurant pour un employeur", ajoute-t-il, soulignant les réalités du marché du travail actuel.

Jean-Marc Oluski, président du Medef Hérault, abonde dans ce sens : "L'emploi des jeunes diplômés est crucial. Nous avons signé une convention avec France Université pour renforcer l'employabilité. Les formations doivent être adaptées aux besoins du marché." Il met également en lumière la nécessité d'informer les recruteurs sur les compétences transversales que peuvent avoir des étudiants issus de filières variées.

Un contexte économique difficile mais un potentiel à saisir

Les deux experts s'accordent à dire que, bien que le diplôme ne soit pas un garant de l'emploi, il demeure un atout dans un marché du travail en mutation. "Dans l’Hérault, nous avons observé une chute de 10 % des offres d’emploi en un an", explique Laurent Paul. Ce manque d'offres, couplé à un contexte économique incertain, rend la recherche d'emploi encore plus ardue pour les jeunes.

Valérie Issert, directrice départementale du Gard, confirme la tendance : "Le contexte politique et économique influence directement les embauches. Les jeunes doivent s'adapter et rester flexibles sur leur projet professionnel".

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