Les exportations de pétrole iranien depuis la stratégique île de Kharg, au large du Golfe, ont récemment connu une hausse significative, malgré les frappes et la rhétorique belliciste de Washington. Selon les nouvelles dévoilées par la presse iranienne le 4 avril, les chiffres d'exportation continuent de croître.
"Ces derniers jours, non seulement les exportations de pétrole (depuis l'île) n'ont pas diminué, mais elles ont augmenté", a déclaré Moussa Ahmadi, président de la commission de l'énergie du Parlement iranien.
Ce constat fait suite à plusieurs visites officielles sur l'île, a précisé Ahmadi, comme rapporté par l'agence de presse Isna.
Kharg, qui est le plus grand terminal pétrolier de l'Iran, représente environ 90 % des exportations de brut du pays, selon une analyse récente de JP Morgan. L'île, d'une importance stratégique cruciale pour Téhéran, demeure sous la menace d'attaques potentielles depuis que Donald Trump a pris des mesures contre l'Iran.
Le 13 mars dernier, les États-Unis avaient déjà signalé avoir bombardé des cibles militaires sans toucher aux infrastructures pétrolières. Malgré cela, le président américain a récemment intensifié les menaces, évoquant la possibilité d'"anéantir" cette île si un accord avec Téhéran n'était pas rapidement conclu.
Une invasion américaine en perspective ?
Les enjeux sont considérables. Trump exige également la réouverture du détroit d'Ormuz, un passage vital pour le transport maritime de pétrole, actuellement quasi bloqué par l'Iran. L'idée derrière cette pression est qu'une intervention militaire pourrait contraindre Téhéran à modérer ses actions sur ce trafic crucial.
"Nous pourrions la prendre très facilement", a déclaré Trump dans une interview avec le Financial Times, mais il a rapidement ajouté que cela impliquerait de maintenir des troupes indéfiniment, un point que la plupart des experts militaires jugent préoccupant. Bien que les États-Unis semblent être en mesure de s'emparer de l'île, la possibilité de pertes humaines pourrait poser un problème majeur.
De plus, les experts mettent en garde : une destruction des installations pétrolières pourrait aggraver le marché pétrolier mondial déjà sensible. Certains doutent également que la prise de Kharg suffise à faire céder les dirigeants iraniens, qui disposent d'autres terminaux pouvant compenser les pertes.
Téhéran a récemment accusé les États-Unis de préparer une offensive terrestre ciblant spécifiquement ses îles du Golfe, intensifiant ainsi la tension dans la région.







