La syntropie, ou agriculture syntropique, attire de plus en plus l'attention des passionnés d'agriculture biologique et de permaculture. Cette approche novatrice suscite la curiosité des jardiniers désireux de protéger la biodiversité tout en maximisant leur production. Mais qu'est-ce que cette méthode exactement ? Peut-elle réellement rivaliser avec la permaculture, star des techniques alternatives ? Décryptons ensemble la syntropie.
Les origines de la syntropie
Le terme « syntropie » dérive du grec, où sún signifie "avec" et trópos désigne une manière ou un style. Contrairement à l'entropie, qui évoque le désordre, la syntropie se concentre sur l'organisation et la complexité des systèmes vivants. Dans le domaine agricole, ces deux termes s'opposent : le premier libère de l'énergie en dégradant la matière, tandis que le second favorise l'accumulation d'énergie et la biodiversité.
C'est Ernst Götsch, agronome suisse établi au Brésil depuis les années 1980, qui a développé ce concept. Il a transformé des terres fortement dégradées en zones productives riches en biodiversité grâce à des techniques spécifiques.
Bien que principalement appliquée en Amérique du Sud, l'agriculture syntropique commence à susciter de l'intérêt en Europe, y compris en France, malgré des conditions climatiques différentes.
Les fondamentaux de l'agriculture syntropique
L'agriculture syntropique repose sur un équilibre entre ordre et complexité, favorisant le développement harmonieux des plantes en s'appuyant sur les processus naturels. Voici ses principes clés :
- Accroître la biomasse : Les cultures sont plantées densément et de manière variée, permettant une succession temporelle et nourrissant ainsi les sols. Par exemple, des pommes de terre peuvent croître à côté de chênes.
- Optimiser la photosynthèse : Par une taille appropriée, on favorise la luminosité nécessaire à la photosynthèse. Cette technique naturelle crée des perturbations bénéfiques pour le sol et favorise la croissance.
- Structurer en strates : Les plantes sont disposées en quatre strates, chacune recevant une quantité de lumière spécifique. Par exemple, la lavande se trouve dans la strate émergente, tandis que la consoude s'épanouit en strate basse.
La mise en œuvre efficace de ces principes exige des saisons d'observation et d'expérimentation pour bien comprendre les dynamiques de son terrain.
Les ambitions de l'agriculture syntropique
En favorisant la diversité et la densité des espèces, l'agriculture syntropique crée des interactions bénéfiques similaires à celles de la nature. L'objectif est d'obtenir une production riche en un temps record, un rêve partagé par tous les jardiniers souhaitant un potager florissant.
Investir dans cette méthode peut sembler complexe, mais elle promet des résultats encourageants, même sous des climats tempérés. Pour approfondir vos connaissances, n'hésitez pas à consulter le livre Bienvenue en syntropie ! d'Anaëlle Théry, qui propose une approche adaptée aux spécificités locales.
Syntropie et permaculture : des chemins parallèles
Bien que la syntropie partage des concepts avec la permaculture, elles diffèrent sensiblement. La permaculture embrasse un écosystème entier, intégrant potagers, points d'eau et autres éléments dans une approche holistique. En revanche, la syntropie se concentre sur la technique de culture et peut s'intégrer au design permacole.
La syntropie ne doit pas supplanter la permaculture, mais elle en devient un élément essentiel, contribuant à des objectifs similaires. Pour découvrir davantage sur ces méthodes, référez-vous à l’ouvrage de Dayana Andrade et Felipe Pasini, La vie en syntropie, qui éclaire le parcours d’Ernst Götsch.
* Co-éditions Joala Syntropie & Terre vivante - 160 pages - 13 mars 2024 - 23 €
** Editions Terre vivante - 208 pages - 13 janvier 2025 - 23 €







