Dans le rayon des produits laitiers, la popularité croissante du skyr a ouvert la voie à un éventail de produits hyperprotéinés. Cependant, une analyse minutieuse révèle que ces produits ne se valent pas tous. Faut-il vraiment les inclure dans son alimentation quotidienne ?
Skyr : une tradition islandaise
Originaire d'Islande, le skyr est élaboré à partir de lait écrémé et de cultures bactériennes. "Il se présente comme un yaourt plus dense," explique Marjorie Crémadès, diététicienne. "Il est égoutté afin d'éliminer le petit-lait, résultant en un produit naturellement riche en protéines, avec une texture proche du fromage frais."
En revanche, de nombreux produits hyperprotéinés disponibles sur le marché contiennent une panoplie d'additifs, tels que des épaississants et des édulcorants synthétiques comme l'acésulfame K (E 950) et le sucralose (E 955).
« Une étude récente met en lumière les risques accrus de cancer associés à la consommation d'édulcorants de synthèse, » avertit Marie-Laure André, nutritionniste. "Ils perturbent le microbiote et peuvent créer des envies de sucré peu après leur consommation." Marjorie Crémadès conclut : « Ces produits hyperprotéinés ultra-transformés ne conviennent pas pour une consommation quotidienne. »
Une source de protéines à considérer
Dans sa forme la plus naturelle, un produit comme le skyr, sans additif, peut avoir un réel bénéfice nutritionnel.
« Les recommandations indiquent qu'un adulte a besoin de 0,8 g de protéines par kilo de poids corporel chaque jour, » rappelle Marjorie Crémadès. Une portion de 100 g de skyr renferme une quantité de protéines supérieure à un œuf et équivaut à une fine tranche de jambon. Les protéines laitières y sont de haute qualité, contenant tous les acides aminés essentiels. Néanmoins, il n'y a pas plus de calcium que dans un yaourt classique, car une partie est perdue lors de l'égouttage.
À consommer avec prudence
Le skyr peut être bénéfique pour certains groupes comme les sportifs, les végétariens et les personnes âgées. Toutefois, il n'est pas conseillé pour les enfants, qui consomment déjà trop de protéines en général. « Les enfants ont besoin de matières grasses, et ces produits ne répondent pas à ce besoin, » souligne Marjorie Crémadès.
Pour le grand public, le yaourt skyr peut être apprécié occasionnellement, mais il ne doit pas devenir un aliment de base. Un excès de protéines peut entraîner des complications pour la santé.
Le mythe des produits minceur
S'il est fabriqué à partir de lait écrémé, le skyr ne contient généralement pas de matières grasses. Toutefois, certaines variétés peuvent être enrichies. Il est crucial de lire les étiquettes, surtout pour les produits aromatisés qui peuvent être trop sucrés.
Pour ressentir un effet rassasiant, Marjorie Crémadès conseille de mixer le skyr avec des graines ou des fruits. « Il ne faut pas en consommer systématiquement à chaque repas ! Deux produits laitiers par jour suffisent, » rappelle-t-elle.
« Le marketing joue un rôle énorme dans la popularité du skyr, mais la valeur nutritionnelle ne justifie pas forcément son prix par rapport à un fromage blanc classique, qui contient également des protéines, » conclut-elle. Les prix observés oscillent entre 2 € pour un kilo de fromage blanc 0 %, 5,50 € pour du skyr et peuvent dépasser 8 € pour les yaourts hyperprotéinés transformés.
Nos expertes :
Marjorie Crémadès, diététicienne-nutritionniste en région bordelaise.
Marie-Laure André, diététicienne-nutritionniste.







