À l'occasion de la parution de son ouvrage 'Le Déni', Hélène Perlant, la fille de François Bayrou, a choisi de sortir de l'ombre le 29 mars. Dans cette œuvre, elle évoque son incapacité à aborder son agression avec sa famille, tout en cherchant à provoquer une réelle transformation dans notre société.
Ce livre, qui brise plus de trente ans de silence, s'inscrit dans une démarche de libération personnelle. Hélène Perlant, naguère reconnue principalement comme 'la fille de François Bayrou', s'affranchit de cette étiquette et dévoile un long enfermement psychique qui l'a habitée. C'est lors d'une interview avec La Tribune du Dimanche qu'elle insiste sur l'importance de sa voix dans ce combat pour la justice.
Un silence dévastateur
Les victimes d'agression sexuelle subissent souvent des mécanismes de honte, de culpabilité et de peur, qui les enferment dans le silence. Hélène raconte qu'elle a été agressée à l'âge de 14 ans lors d'une colonie de vacances en Pyrénées, une expérience où elle a été brutalement battue par un prêtre. Au fil des années, ce trauma l'a hantée, jusqu'à la conduire au bord du désespoir.
Elle décrit également une seconde agression survenue durant son parcours académique à Paris, où des individus encagoulés l'ont soumise à une violence immonde. Ces deux incidents, longtemps tus, soulèvent une lourde problématique: le tabou qui entoure les récits de victimes dans leur cercle familial. Comme elle l'affirme, 'Chaque famille est prisonnière de la même chose', poussée par la peur et le déni.
Une parole libérée, mais un silence persistant
La découverte d'affaires liées au sanctuaire de Bétharram en mai dernier a donné à Hélène l'élan nécessaire pour parler. Malgré cela, sa démarche objective est parfois ternie par des accusations interprétant son témoignage comme une manœuvre politique pour protéger son père. 'Je ne suis pas là pour défendre mon père', rejette-t-elle avec véhémence.
Son livre vise à porter une voix commune parmi les 85 plaignants, créant ce qu'elle appelle un 'tsunami de délivrance' qui fera écho dans toute la société. Hélène rêve d'une 'tribu des délivrés', un espace de reconnaissance où chacun pourrait trouver sa place.
Malgré le soulagement éprouvé en parlant de ses blessures, elle se montre réticente à en discuter avec sa famille. 'Je n’ai pas du tout envie d’en parler', déclare-t-elle, se contentant d'évoquer l'importance de comprendre la nécessité de sa délivrance.







