Des militants du collectif Mouv'Enfants ont organisé une action symbolique devant le tribunal judiciaire de Paris pour soutenir Lydia Hadjara, ciblée par une action en diffamation après avoir rapporté des abus sexuels dont elle prétend avoir été victime au sein du mouvement raëlien.
En novembre dernier, Lydia Hadjara a déposé une plainte à Lyon contre Claude Vorilhon, alias Raël, et deux membres de la secte, pour violences sexuelles et tortures sur mineur. À présent basé au Japon, l'individu a répliqué en poursuivant Lydia pour diffamation suite à la publication de son livre, sortant en janvier 2025, où elle relatait des abus entre 1986 et 2007 en France.
Sur place, les militants de Mouv’Enfants ont mis en scène une démonstration percutante : un homme en robe blanche symbolisait un membre de la secte, tandis qu'un autre, habillé en rouge, incarnait un juge agenouillé, le tout devant un drap blanc marqué par des rubans de police. Les slogans tels que "Stop immunité" et "Lydia on te croit" ont résonné tout au long de l'événement.
Dans son ouvrage, J'étais son esclave, Lydia Hadjara dépeint les méthodes d'endoctrinement et les violences sexuelles qu'elle aurait subies. Pendant qu'elle se retrouve dans cette situation judiciaire, le mouvement raélien, quant à lui, poursuit ses activités de recrutement, ce qu’illustre Arnaud Gallais, fondateur de Mouv'Enfants. Il s'interroge sur le rôle de la justice : "Doit-elle poursuivre ceux qui témoignent ou éclaircir les allégations soulevées ?"
Lydia Hadjara a expliqué à l'AFP que cette audience ravivait des émotions douloureuses, mais elle persiste à dénoncer pour encourager d'autres victimes à se manifester. "Il est crucial pour la justice de permettre aux victimes de s'exprimer sans craindre des représailles juridiques", a souligné son avocat, Me Aline Lebret, qui évoque une "procédure-bâillon".
De l'autre côté, Me Alain Leclerc, représentant Claude Vorilhon, a dénoncé les accusations de Lydia, les qualifiant de mensongères.
L'action de Mouv'Enfants vise également à mobiliser d'autres victimes pour les inciter à se joindre à la plainte, une enquête collective étant essentielle pour limiter le risque de prescription de certains faits. Les poursuites à l'encontre de Lydia Hadjara sont perçues par le ministère public comme une tentative de ministérialiser un sujet d'intérêt général.
La décision du tribunal est attendue pour le 4 juin, marquant un tournant potentiel dans cette affaire complexe et délicate.







