Emmanuel Macron inaugure mardi à Paris le deuxième sommet mondial sur le nucléaire, dans un contexte où les tensions au Moyen-Orient rappellent les vulnérabilités des économies basées sur les énergies fossiles.
Organisé par la France, l'une des plus grandes puissances nucléaires civiles comptant 57 réacteurs, cet événement réunira près de quarante pays et organisations internationales, y compris des pays majeurs comme les États-Unis et la Chine, bien que la Russie soit absente à cause de la guerre en Ukraine.
Suite à une première édition en 2024 à Bruxelles, ce sommet se déroule en collaboration avec l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) et coïncide avec deux anniversaires significatifs : les 15 ans de la catastrophe de Fukushima et les 40 ans de Tchernobyl.
Le secteur nucléaire, longtemps décrié après l'accident de Fukushima, fait l'objet d'un regain d'intérêt mondial grâce à des considérations de souveraineté énergétique et à la nécessité de réduire les émissions de carbone. Aujourd'hui, le nucléaire représente 10% de l'électricité mondiale, avec environ 450 réacteurs répartis dans une trentaine de pays.
Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA, a souligné que « plus d'une quarantaine de pays manifestent un intérêt marqué pour le nucléaire », citant notamment l'Afrique du Sud et l'Argentine comme exemples.
À l'instar de la crise de 2022 provoquée par l'invasion de l'Ukraine, les récents troubles au Moyen-Orient rappellent aux pays dépendants des fossiles l'importance de diversifier leur mix énergétique pour garantir la sécurité et la stabilité. Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), a déclaré que les pays européens devraient non seulement développer davantage d'énergies renouvelables, mais aussi réaffirmer leur engagement envers le nucléaire.
« Le contexte géopolitique mondial actuel nous incite à réexaminer nos modèles énergétiques afin de mieux allier décarbonation, création d'emplois et souveraineté énergétique », a souligné le président français dans la documentation préparatoire du sommet.
Cependant, Greenpeace, une ONG opposée au nucléaire, a exprimé ses réserves, affirmant que le nucléaire n'est pas une solution rapide pour se libérer des énergies fossiles, contrairement aux énergies renouvelables.
- Le financement au coeur des débats -
Le sommet vise à identifier des actions concrètes et à tracer une feuille de route vers 2050. Paris espère voir émerger une « nouvelle dynamique » visant à tripler les capacités nucléaires installées, une initiative à laquelle une trentaine de pays ont adhéré.
Les discussions porteront également sur divers aspects tels que la coopération industrielle, la chaîne d'approvisionnement et le financement - des enjeux cruciaux alors que les projets nucléaires nécessitent souvent des budgets importants et rencontrent des retards.
« Le soutien des acteurs privés est essentiel pour développer ces projets à l'échelle mondiale », a affirmé l'Elysée, en ajoutant l'importance des financements publics.
Des annonces importantes sont attendues, notamment la présentation par l'Union Européenne de sa stratégie visant à accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), avec un premier lancement prévu d'ici 2030, afin de ne pas être dépassés par la compétition américaine et chinoise.
Le sommet se tiendra à la Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, un cadre qui aspire à donner un nouvel élan à une industrie en quête de renaissance.







