Némésis renonce à manifester le 8 mars : tensions au cœur de la journée des droits des femmes

La journée des droits des femmes se teinte de tensions avec le retrait du collectif Némésis.
Némésis renonce à manifester le 8 mars : tensions au cœur de la journée des droits des femmes
Le collectif d'extrême droite Némésis organisera son propre rassemblement dimanche à Paris. (Illustration) LP/ Olivier Arandel

Plusieurs associations féministes demandent l'interdiction de la présence du collectif d'extrême droite.

Le collectif d'extrême droite Némésis a annoncé ce jeudi qu'il ne participera pas à la manifestation parisienne prévue le 8 mars, lors de la journée internationale des droits des femmes. Au lieu de cela, il tiendra son propre rassemblement après que plusieurs organisations féministes et syndicats ont exigé l'interdiction de sa présence.

« Pour le 8 mars 2026, Némésis organise un hommage aux victimes, remplaçant ainsi son cortège dans la manifestation Nous Toutes », a déclaré sa présidente, Alice Cordier, dans un message transmis à l'AFP.

Un rassemblement statique prévu par Némésis

La manifestation féministe et syndicale est programmée pour partir de la place Stalingrad vers la place de la République à partir de 14 heures. « À l’appel de Némésis », un « rassemblement statique se tiendra également place Jean Lorrain », dans l’ouest de Paris. Cette décision a été prise après discussions avec les organisateurs, afin de « concilier la liberté de manifester avec la sécurité de tous », a précisé la préfecture de police de Paris.

La préfecture a reçu des associations qui, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ont demandé l’exclusion de ce collectif identitaire des manifestations.

Les signataires de cette lettre ouverte, comprenant la CGT, la CFDT, et Osez le féminisme, soulignent que la participation de Némésis a « perturbé les manifestations » lors des précédentes éditions du 8 mars.

« On veut pouvoir manifester sur nos propres mots d’ordre »

Le collectif Osez le Féminisme a dénoncé les « intrusions répétées » de Némésis dans les rassemblements féministes, accusant ce dernier d’instrumentaliser le discours féministe à des fins racistes. « Le fémonationalisme est une menace que nous ne pouvons ignorer », a-t-elle déclaré.

Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), a exprimé ses préoccupations suite à cette situation : « Nous souhaitons pouvoir manifester selon nos propres valeurs et mots d’ordre », a-t-elle affirmé.

Récemment, à Lyon, un militant de Némésis a été tué lors d'un incident violent lié à une manifestation, illustrant le climat tendu qui entoure ces rassemblements. Les événements de violence ont amplifié les inquiétudes des organisateurs quant à la sécurité et à la nécessité de protéger le message principal des manifestations.

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