Au cœur du Bugue, une commune de Dordogne, Maurice Clavière, un cordonnier au parcours riche, a célébré son 103ème anniversaire. Cette journée festive, qui s'est déroulée le 3 mai, a rassemblé élus, amis, et habitants autour de l'atelier de ce personnage attachant.
Les festivités ont commencé par un verre de kir servi sur des tables improvisées sur le trottoir. Maurice, entouré de ses trois filles, a accueilli les voeux d'anniversaire avec un sourire éclatant : “Ça me fait plaisir, ça ne me rajeunit pas !” a-t-il plaisanté aux côtés de ses admirateurs. Ses voisins et amis étaient également au rendez-vous, rappelant l'impact durable que son métier a eu sur la communauté locale.
Un cordonnier au destin singulier
Né dans les Ardennes en 1923, Maurice a appris le métier de cordonnier dans l'Allier. Sa vie a pris un tournant durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il a rejoint le groupe de la Résistance au sein du groupe Soleil, fondé en Dordogne en 1943. Après la guerre, en 1946, il s'est établi au Bugue, où il a ouvert son atelier. Bien qu'il ait fermé son activité en 2022, à l'âge de 99 ans, il demeure une figure incontournable du village, vivant toujours dans l'atelier.
Alors qu'il a perdu partiellement la vue, il reste lucide et plein d'esprit, déclarant avec humour : “Je ne vais pas me plaindre, j'ai encore toute ma tête !”
Une personnalité vénérée par ses concitoyens
Les discours des représentants d'associations d'anciens combattants et du maire ont souligné les nombreuses récompenses que Maurice a reçues, mais pour les habitants, il est avant tout reconnu comme le dernier cordonnier du Bugue. Son voisin François, ému, a partagé : “Regardez-le : incroyable ! Il réparait les chaussures d'une manière que je n'ai jamais vue.”
La renommée de Maurice a atteint des sommets, au point que des clients venaient de loin pour profiter de son expertise. Sa fille, Michèle, se rappelle des premières chaussures confectionnées pour les enfants du village, un savoir-faire qu'il a transmis avec passion.
Pour son anniversaire, Maurice, qui rêve d’atteindre “au moins 120 ans”, a reçu des cadeaux comme du vin et un béret, témoignant ainsi de l'affection que lui portent ses proches et sa communauté.
En somme, cette journée a été non seulement un hommage à Maurice, mais un vibrant rappel de l'importance du lien social et des traditions artisanales que des figures comme lui préservent, apportant à chacun une part de nostalgie et de chaleur humaine.







