En marge des discussions autour de la proposition de loi sur l'aide à mourir, 38 personnes ont été interpellées lors d'une manifestation non déclarée devant l'Assemblée nationale. Mardi soir, alors que les députés examinaient les derniers amendements, un groupe d'opposants à la légalisation du suicide assisté s'est rassemblé place du Palais-Bourbon à Paris.
Vers 20 heures, la police a constaté la présence d'une cinquantaine de manifestants assis au sol, arborant une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Il y a des ordres injustes qui cachent les pires désordres ». Selon des membres de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), un homme muni d'un mégaphone s'est identifié comme « veilleur », expliquant que les manifestants souhaitaient être présents à un moment crucial des débats parlementaires.
Les forces de l'ordre ont alors rappelé la nécessité d'une déclaration préalable pour toute manifestation sur la voie publique. Après plusieurs sommations, le porteur du mégaphone a été interpellé pour organisation d'une manifestation non déclarée. Un second participant a été également arrêté pour le même motif, tout comme les 36 autres manifestants restés sur place. Le parquet a finalement choisi de placer en garde à vue seulement les deux organisateurs, tandis que les autres ont été libérés en attendant d'éventuelles convocations. Notamment, cinq députés se sont rendus au poste de police pour soutenir les interpellés.
Ce rassemblement arrive à un moment charnière pour la réforme de la fin de vie, qui est actuellement discutée au parlement. La proposition, qui vise à créer un droit à l’aide à mourir, a été adoptée en première lecture mais suscite encore de vives controverses sur ses modalités d’application. Des modifications apportées récemment pourraient influencer le vote final, et pour cette raison, l'Assemblée doit se prononcer à nouveau sur le texte. Les résultats des scrutins, initialement prévus mardi, ont été reportés à mercredi à cause de la nécessité de terminer l'examen de près de 2000 amendements.
Alors que ce débat complexe et sensible se poursuit en France, les opposants et partisans de l'aide à mourir expriment des points de vue divergents. Des experts, comme le Dr Bernard Guérin, soulignent l'importance d’aborder ces questions avec prudence et dignité pour assurer un équilibre dans les discussions.







