Depuis le 20 janvier, une fronde s'est déclarée au sein d'AgroParisTech, l'une des écoles d'ingénieurs agronomes les plus reconnues de France. Environ quarante élèves ont investi deux bâtiments du campus situé à Saclay pour interpeller sur les relations entre l'État et la FNSEA, le principal syndicat agricole. Les étudiants exigent une « cogestion » qui impliquerait davantage de transparence et de participation dans l'élaboration des politiques publiques agricoles.
Les cours n'ont pas été totalement annulés, mais une partie se déroule à distance pour permettre aux manifestants de maintenir leur mouvement sans perturber complètement le fonctionnement de l’école. À l'origine de ce blocage, une conviction : la nécessité d'une refonte des discussions entre le gouvernement et les représentants du secteur agricole.
Ce type d’initiatives n’est pas isolé. D’autres étudiants de grandes écoles, surnommés les « bifurqueurs », mobilisent également pour dénoncer les incohérences face à l'urgence climatique, comme le souligne un reportage de Franceinfo. Ils choisissent désormais de boycotter les entreprises jugées contraires à leurs valeurs, réclamant une agriculture plus durable et responsable.
Des experts du domaine agricultural, tels que le sociologue Pierre-Henri Tavoillot, affirment que ces mouvements étudiants peuvent avoir un impact important sur l'avenir de l'agriculture en France. « Les jeunes sont les acteurs du changement, et leur voix doit être entendue pour établir une véritable transition écologique », déclare Tavoillot.
Ce blocage à AgroParisTech s'inscrit dans un contexte plus large de contestation sociale, où les nouvelles générations désirent redéfinir les relations entre l'économie agricole et la société. Alors que le pays traverse des mutations significatives, ce type d'engagement apparaît comme un signe des temps. Les prochains développements seront à suivre de près.







