Lors de la manifestation "Libérons les crayons" à Bruguières, Riss, directeur du célèbre journal satirique Charlie Hebdo, a évoqué l'impact des attentats sur la liberté d'expression et l'évolution de son journal. "La liberté d'expression est un pilier de la démocratie", a-t-il affirmé, soulignant l'importance de défendre des principes tels que la laïcité.
Depuis les controverses suscitées par les caricatures en 2006, Riss a observé une montée inquiétante de l'intolérance. "Il est essentiel de rappeler que c’est un principe fondamental : dans une démocratie, ce ne sont pas les règles religieuses qui régissent la société", a-t-il expliqué.
Après l'attentat tragique de janvier 2015, qui a coûté la vie à plusieurs de ses collaborateurs, Riss a dû faire face à un défi colossal : relancer Charlie Hebdo malgré un choc émotionnel profond. "Recommencer à zéro avec une équipe traumatisée était une tâche de taille", a-t-il déclaré, ajoutant que la décision de poursuivre le journal s'est alors imposée comme une nécessité politique et humaine.
Sur les questions d'attaques récurrentes sur certaines caricatures, il a précisé : "Faire de l’humour noir n’implique pas de se réjouir des tragédies". Il invite à dissocier le dessin de l'intention, rappelant que l'équipe se veut avant tout révoltée face aux injustices.
À l'heure actuelle, Charlie Hebdo ne cesse d'évoluer, faisant face à des défis numériques. Riss a mentionné l'importance d'une présence en ligne et de nouveaux formats, mais a reconnu la difficulté à maintenir les ventes du journal papier. "Il est crucial de s'adapter sans perdre notre essence", a-t-il souligné.
Le film "C'est dur d'être aimé par des cons" projeté lors de l'événement rappelle les débats fondateurs sur la caricature. "La compréhension de notre histoire est vitale pour les jeunes générations", a-t-il ajouté. En rencontrant le public, Riss espère apaiser des incompréhensions autour de la liberté d'expression et des nouveaux enjeux soulevés par les réseaux sociaux.
Il conclut sur une note d’espoir : "La liberté d’expression ne doit pas être considérée comme une bataille de journalistes. C’est la responsabilité de tous". En véhiculant cet engagement, Riss espère inspirer une défense collective de ces valeurs fondamentales.







