Depuis le 5 janvier, les étudiants en 4e et 5e année du département d’odontologie de l’Université de Rouen-Normandie apportent leur aide au CHU de Rouen face à un manque croissant de dentistes. Ces futurs professionnels soignent le grand public dans un nouveau service bucco-dentaire, nommé O +.
Dans un box du service, une jeune patiente exprime son soulagement d’avoir enfin obtenu un rendez-vous. "Ma mère m’a recommandé d’appeler à propos de ce nouvel endroit, car j’avais des difficultés à trouver un dentiste depuis cinq ans. Cela faisait deux ans que je n’étais pas allée consulter," explique-t-elle.
Anne-Charlotte Bas, directrice du département d’odontologie, précise : "Les soins sont prodigués par de jeunes étudiants en binôme pour établir un diagnostic et réaliser des soins courants tels que des détartrages et des extractions." En seulement deux jours, tous les créneaux de janvier ont été réservés, démontrant l’urgence de la situation et la nécessité de tels services.
La Seine-Maritime est particulièrement touchée par le manque de dentistes, avec seulement 54,6 praticiens pour 100 000 habitants, contre 73,2 au niveau national. L’Eure fait encore pire avec 43,1, poussant le CHU à mettre en place ce centre, en complément de l’hôpital Saint-Julien.
"Nous assurons environ une centaine de prises en charge chaque semaine," indique Bas. Chaque patient est informé que le soin sera effectué par des étudiants, ce qui peut allonger la durée du rendez-vous. Chloé Cottereau, étudiante en 4e année, souligne l'importance de cette expérience : "C'est à la fois stressant et gratifiant d'être confronté à de vrais cas, loin des simulateurs que nous utilisions en cours." Jusqu'à présent, aucun patient ne s'est plaint.
Pour répondre à la demande croissante, neuf fauteuils ont été ouverts, avec l'ajout de huit autres prévu en septembre pour accueillir la nouvelle promotion. D’ici 2030, un nouveau bâtiment devrait également voir le jour pour accroître encore les capacités de production de services nécessaires, un enjeu crucial pour conserver les futurs dentistes dans la région. Ce dispositif est essentiel pour endiguer l'exode des étudiants qui, avant, devaient se rendre à Lille, Reims ou Paris pour compléter leur formation.
Comme confirmé par des études et des enquêtes, cette initiative s'inscrit dans un cadre plus large pour améliorer l'accès aux soins bucco-dentaires en France. Les mauvaises conditions de dentisterie dans certaines régions sont devenues préoccupantes et le développement de nouveaux centres d'odontologie pourrait aider à atténuer ce problème, offrant un espoir à des milliers de patients en attente dans l’hexagone.







