Dans une affaire troublante, deux détenus de la prison des Baumettes ont été jugés à Marseille pour avoir partagé sur les réseaux sociaux un "contrat" menaçant visant l'ancienne directrice de l'établissement.
Cette directrice, qui a été contrainte de quitter Marseille pour Paris afin de protéger sa vie, a déclaré : "Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie." Sous protection policière depuis plus d'un an, elle a dû vivre en isolement, révélant l'impact dévastateur de ces menaces sur son quotidien.
En décembre 2024, un message circulant en ligne offrait 120 000 euros pour l'élimination d'un représentant de l'État. Ce message a été relayé par Othmane B. et Sabrina M., qui ont réagi depuis leurs cellules en mars 2025. Selon la présidente du tribunal, ce type de publication ne doit pas être pris à la légère, car il montre à quel point des actes criminels peuvent être banalisés dans certains milieux.
Othmane B. a admis avoir partagé le contrat sans prêter attention à son contenu. "J'ai fait le con, je suis désolé d'avoir participé à cette bêtise," a-t-il déclaré. Son intérêt pour la référence à la "DZ" qui renvoie à ses origines algériennes l'a poussé à agir, cherchant également à accroître son audience sur les réseaux sociaux. La procureure a souligné que ces individus peuvent se trouver en marge de la DZ Mafia, mais leur implication reste sérieuse.
La deuxième prévenue, originaire de Marseille, a choisi de ne pas comparaître. Lors de sa garde à vue, elle a exprimé qu'elle n'avait "aucune animosité" et qu'elle avait partagé la publication pour illustrer à quel point "les gens sont fous" à Marseille. Cette banalisation de la violence inquiète de nombreux experts. Selon un sociologue qui a étudié l'impact des réseaux sociaux dans la délinquance, "les plateformes amplifient des messages dangereux, normalisant des comportements violents qui peuvent avoir de graves répercussions."
La procureure a demandé une peine de deux ans de prison, dont six mois avec sursis, assortie d'un mandat de dépôt, pour des charges de "publicité de crime" et de "menace ou intimidation envers un dépositaire de l'autorité publique". Le jugement est attendu pour le 28 janvier, rappelant à tous l'importance de la responsabilité en ligne dans un monde où la frontière entre le virtuel et le réel continue de s'effacer.







