Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, un incendie a ravagé le bar La Constellation à Crans-Montana, en Suisse, tuant au moins 40 personnes et blessant 119 autres, dont de nombreux touristes. Les familles des victimes se trouvent maintenant dans l'attente d'informations sur leurs proches, alors que les autorités luttent pour les identifier.
Un premier obstacle à la reconnaissance des victimes est l'absence de liste d'invités, un élément crucial qui aurait facilité les identifications. En l’absence de registre, les enquêteurs doivent se fier à des comparaisons avec les témoignages des familles. Pierre-Antoine Lenge, chef de la police judiciaire valaisanne, a précisé que l’identification nécessite un travail rigoureux, faite par deux équipes, l’une effectuant des analyses sur les corps, tandis que l’autre réunit des données aux côtés des familles.
Les corps calcinés compliquent également la tâche ; très souvent, les empreintes digitales et l'identification visuelle deviennent impraticables, soulignant la nécessité de se concentrer sur l'ADN, qui peut encore être extrait de certains tissus même après une exposition prolongée à la chaleur. Comme le souligne Gilles Reix, ancien membre de la police technique et scientifique, il est parfois possible de trouver des traces d'ADN dans des zones résilientes des corps, telles que les os ou la dentine.
Avec bon nombre de victimes étant des touristes étrangers, la collecte d'informations s'avère plus complexe. Les forces de police des pays d'origine des victimes mobilisent leurs ressources pour aider à cette démarche. Chaque pays utiliserait les directives d'Interpol pour s'assurer que les données sont cohérentes et précises. Le processus d'identification pourrait ainsi prendre plusieurs jours, voire des semaines, provoquant une attente insupportable pour les proches des victimes.
Les experts insistent sur l’importance d’une approche méticuleuse, reconnaissant que la douleur de la perte est exacerbée par la lenteur des procédures. Le drame de Crans-Montana invite à réfléchir sur l’importance de la sécurité dans des lieux publics, et soulève des questions sur les normes de sécurité dans les établissements accueillant de grandes foules. Les autorités locales doivent certainement tirer des leçons de cette tragédie pour prévenir de futurs incidents similaires, comme l'a relevé la publication Le Monde.







