« Aujourd'hui, alertes orange canicule, nous devons nous adapter », déclare Laurent Bassi, sous-officier à la caserne de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne). À 7h30, l'atmosphère est déjà lourde alors qu'il se prépare à réunir son équipe pour une garde de 12 à 24 heures. Pour éviter que les pompiers ne s'entraînent sous le soleil, la convocation a été avancée ; le thermomètre grimpe à près de 35°C en Île-de-France.
En raison des températures élevées, les responsables de la caserne ont assoupli les protocoles d'entraînement habituels. « Nous devons préserver les capacités d'intervention des équipes », souligne Bassi. Avec l’alerte rouge confirmée par Météo France ce week-end, l’intensification de la canicule, déjà la troisième en deux mois, poussera les pompiers à se préparer à une augmentation des interventions.
Si durant les matinées tranquilles, les pompiers effectuent normalement des séances de sport et d'exercices pratiques, ces activités sont dorénavant allégées. « Nous ne pouvons pas leur demander de s’entraîner en tenue de feu, la chaleur les épuise rapidement », explique Lieutenant Geoffroy Mercier. Lors des jours de grande chaleur, le rythme des interventions a tendance à grimper, et l'Institut de Santé Publique France a rapporté une hausse alarmante du nombre de décès pendant les récents épisodes caniculaires.
À la caserne, les pompiers sont autorisés à revêtir des uniformes plus légers, tels que des polos et des shorts, lors de la gestion des situations en extérieur, même si sur le terrain, le code vestimentaire habituel est toujours de mise. Cependant, les tenues de protection contre le feu peuvent vite devenir insupportables et nuire à la température corporelle, conduisant à des risques de coups de chaleur.
Dans un souci de sécurité, le Service Départemental d’Incendie et de Secours de Seine-et-Marne (SDIS 77) a récemment instauré un « kit glace » : un congélateur rempli de glaçons pour permettre aux pompiers de se rafraîchir si nécessaire. Bien que cette mesure n'ait pas encore été testée sur le terrain, elle montre la prévenance de l'institution envers le bien-être de ses équipes.
Les défis nocturnes en période de chaleur
Les interventions nocturnes posent un défi supplémentaire. « Les nuits sont particulièrement difficiles », avoue Davy Mathiaux, adjudant-chef. Le manque de climatisation dans la caserne, construite en 2007, entraîne des températures insupportables : « Nous avons souvent recours à des astuces pour agrémenter notre confort, comme déplacer nos matelas vers les zones les plus fraîches », témoigne un pompier.
Pour certains, le travail de nuit sans suffisamment de repos à domicile affecte leur santé physique et mentale, selon Sébastien Delavoux, du collectif CGT des SDIS. La pression et le manque de moyens se font sentir, amplifiant le sentiment de fatigue généralisée si les pompiers doivent constamment répondre aux impératifs de service sans relâche.







